Dossier n°2674

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Les Justes

Année de nomination : 1983
Marie Fradet
Année de nomination : 1983
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Epicière

Localisation Ville : Nay (64800)
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

En 1939, Annie Jacob, une juive autrichienne qui vivait à Nuremberg où elle était employée au consulat de France, décida d’émigrer aux Etats-Unis avec sa mère. Les deux femmes se rendirent Paris, où elles attendirent l’arrivée de leur visa d’entrée aux Etats-Unis. En sa qualité d’ancienne employée du consulat de France à Nuremberg, Annie Jacob avait le droit de travailler en France. L’invasion allemande en juin 1940 vint bouleverser leurs plans. En tant que réfugiées juives, les deux femmes furent internées au camp de Gurs situé à quatre-vingt kilomètres environ de la frontière espagnole. Elles en furent libérées trois mois plus tard, mais assignées à résidence, sous le contrôle de la gendarmerie locale, à Nay, dans les Pyrénées Atlantiques, non loin de Pau. Il ne leur vint pas à l’idée de fuir, ou de ne pas se présenter à la gendarmerie. Les deux femmes vécurent très modestement et, munies de leurs cartes d’alimentation, faisaient leurs achats à l’épicerie tenue par Marie Fradet, une veuve qui habitait Nay avec son grand fils et sa fille. Lorsque en août 1942 commencèrent les arrestations massives de Juifs, Annie Jacob reçut l’ordre de se présenter à un point de rassemblement, d’où elle devait être envoyée, avec d’autres jeunes adultes, vers, leur dit-on, un « camp de travail ». Sa mère, qui avait 65 ans, n’était pas sur la liste mais décida de partir avec elle. La veille de leur déportation, elles allèrent prendre congé, en pleurant, de Marie Fradet. Au moment où elles sortaient, l’épicière les arrêta « Mon fils m’a dit, Maman, ne pourrais-tu pas garder ici ces deux femmes? Je vous en prie, venez chez moi ce soir, je vous cacherai. » Tard cette nuit là, Annie et sa mère arrivèrent chez elle, montèrent au grenier et passèrent la nuit assises sur des chaises pliantes. Le lendemain à l’aube elles entendirent des bruit de bottes dans la rue : les gendarmes venaient arrêter les étrangers qui ne s’étaient pas présentés à l’appel. Marie Fradet apporta de la nourriture aux réfugiées pendant plusieurs jours et finit par leur montrer un avis publié par la police dans la presse : toute personne coupable de cacher des Juifs sera exécutée. Ne voulant pas mettre en danger l’épicière et ses enfants, Mme Jacob et sa fille décidèrent de partir sans délai et de franchir la frontière espagnole. Marie Fradet les aida à trouver un guide prêt à les conduire en Espagne avec un groupe de réfugiés. Toutefois le passeur les abandonna en route et les deux femmes durent rebrousser chemin, errant de village en village et de ferme en ferme jusqu’à la fin de l’Occupation. Après la guerre, Mme Jacob et Marie Fradet moururent. Annie Jacob émigra aux Etats-Unis mais continua à correspondre avec Jeanne Tucat, la fille de Marie Fradet.

Le 27 septembre 1993, Yad Vashem a décerné à Marie Fradet le titre de Juste parmi les Nations.

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