Dossier n°2993

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Les Justes

Année de nomination : 1984
Marcel Célestin Gallon
Année de nomination : 1984
Date de naissance : 08/05/1903
Date de décés : 28/12/1987
Profession : Frère dominicain

Localisation Ville : Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes (66760)
Département : Pyrénées-Orientales
Région : Occitanie

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2020, le titre avait été décerné à 27712 personnes à travers le monde, dont 4130 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Marcel Célestin Gallon, moine dominicain, était tombé gravement malade en 1939; il avait alors 36 ans. Après avoir passé près d’un an à l’hôpital, il fut envoyé en convalescence, en 1940, à la Villa Roselande, un sanatorium situé à Angoustrine (Pyrénées Orientales) près de la frontière espagnole. Il y séjourna jusqu’en avril 1946, et pendant la guerre fit de la Résistance. Non loin d’Angoustrine se trouvait une petite enclave espagnole, Livia, reliée à Puigcerda par un chemin de terre, no man’s land qui traversait le territoire français. Avec trois autres religieux, le dominicain, qui se faisait appeler Monsieur Henri, utilisait ce chemin pour faire passer clandestinement des fugitifs en Espagne. Il sauva ainsi plus d’une centaine de personnes, dont plusieurs Juifs. Comme il l’expliqua après la guerre, il prenait particulièrement soin des Juifs, sachant le danger qu’ils couraient. Le passage de la frontière s’effectuait entre neuf heures du soir et trois heures du matin. Les Allemands avaient l’habitude de voir les religieux en soutane pourvus de permis de transit tout à fait officiels venir chercher du ravitaillement dans une église située en territoire espagnol. En 1942 pourtant, soupçonnant la Villa Roselande de servir de base à des activités clandestines, ils y effectuèrent une descente. Arrivés dans la chambre de Marcel Gallon avant que ce dernier n’ait eu le temps de se débarrasser de son stock de faux-papiers et de tampons, ils ne les découvrirent pourtant pas. A l’aube du 29 avril 1943, à la suite d’une dénonciation, les gendarmes arrêtèrent le dominicain et ses compagnons sur le chemin de terre, alors qu’ils rentraient d’Espagne. Interrogé et torturé pendant huit jours par la Gestapo, le religieux ne parla pas. Remis en liberté, il retourna à la Villa Roselande et reprit tranquillement et avec un grand courage ses activités clandestines. De nombreux Juifs lui doivent la vie.

Le 4 octobre 1984, Yad Vashem a décerné à Marcel Célestin Gallon le titre de Juste parmi les Nations.

 

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Mis à jour il y a 9 mois.