Dossier n°3078 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Dimitri Klepinine

Année de nomination : 1985
Date de naissance : 14/02/1904
Date de décès : 11/02/1944
Profession : Pope en 1937

Elisabeth Skobtsova

Année de nomination : 1985
Date de naissance : 21/12/1891
Date de décès : 31/03/1945
Profession : Religieuse de l’Eglise russe orthodoxe
    Localisation Ville : Paris (75015)
    Département : Paris
    Région : Ile-de-France

    Lieu de mémoire

    L'histoire

     

     

    Émigrée de Russie à Paris, issue d’une famille aristocratique et née dans les dernières années de la monarchie russe, Élisabeth Pilenko était une femme très cultivée. Mariée à deux reprises, mère de trois enfants, divorcée et révolutionnaire, elle devint moniale en 1932, à l’âge de 40 ans, et prit le nom de Mère Marie Skobtsov. Elle se consacra dès lors pleinement à l’action sociale.

    Elle créa un foyer pour jeunes filles à Saxe, près de Paris, ainsi qu’une cuisine gratuite destinée aux nécessiteux, qui accueillait environ 25 personnes. En 1935, son Église acheta un immeuble de 18 pièces situé au 77, rue de Lourmel, dans le XVe arrondissement de Paris. Celui-ci devint alors le centre de ses activités caritatives.

    Une autre maison fut louée à Noisy-le-Grand, à environ 22 kilomètres à l’est de Paris, afin de servir de maison de convalescence. Élisabeth visitait également les asiles psychiatriques où étaient internés des Russes. Elle réussit à faire libérer trois personnes dont elle démontra qu’elles étaient parfaitement saines d’esprit. D’autres personnes ainsi libérées purent par la suite trouver du travail grâce aux faux papiers qu’Élisabeth leur procura et qui indiquaient qu’elles figuraient sur les listes de personnes employables.

    Dimitri Klepinine, lui aussi émigré de Russie et ordonné prêtre orthodoxe en 1937, se joignit à l’action de Mère Marie et devint son collaborateur. En 1939, le centre de la rue de Lourmel fabriqua des uniformes pour l’armée française. Il fut ensuite transformé en cantine gouvernementale, où étaient servis des repas aux pauvres, russes comme français.

    Profondément indignés par les mesures antijuives appliquées en France dès l’Occupation allemande, les deux religieux ouvrirent les portes du « centre Lourmel » aux personnes persécutées et traquées. Le Père Klepinine établit de nombreux faux certificats de baptême, tandis que Mère Marie déployait toute son énergie pour trouver des cachettes durables aux Juifs pourchassés qu’elle avait d’abord accueillis au centre Lourmel.

    Leurs activités de sauvetage comprenaient notamment l’hébergement de Juifs au centre de la rue de Lourmel, la délivrance de faux certificats de baptême, l’exfiltration de Juifs du Vélodrome d’Hiver lors de la rafle de l’été 1942, ainsi que la transmission de fonds provenant de réseaux clandestins juifs.

    Le 17 juillet 1942, au lendemain de la rafle massive des Juifs de Paris, Élisabeth pénétra dans l’enceinte du Vélodrome d’Hiver en faisant valoir sa qualité de religieuse et en bravant la police. Elle ne put d’abord apporter qu’un réconfort moral à une jeune amie internée, elle aussi émigrée de Russie. Mais, à force d’ingéniosité, elle réussit à faire évader les trois enfants de celle-ci, deux garçons et une fillette dans une poubelle, après avoir obtenu la complicité des hommes de l’équipe des éboueurs qui intervenaient au Vélodrome d’Hiver.

    Mère Marie et le Père Klepinine créèrent également un service de confection de colis alimentaires destinés aux détenus du camp de Compiègne. Ces derniers, pour la plupart des Russes juifs, contribuèrent clandestinement à sauver de la famine les otages juifs internés dans ce camp de décembre 1941 à mars 1942.

    En février 1943, à la suite d’une dénonciation, la Gestapo se rendit au foyer de la rue de Lourmel pour arrêter Mère Marie. Ne la trouvant pas sur place, les policiers arrêtèrent son fils Yuri, alors étudiant. Mère Marie fut à son tour arrêtée peu après, de même que le Père Dimitri Klepinine.

    Tous trois furent déportés. Dimitri Klepinine fut transféré à Buchenwald, puis à Dora, où il mourut d’une pneumonie le 11 février 1944. Yuri ne revint pas de déportation. Mère Marie fut, quant à elle, envoyée au camp de Ravensbrück, où elle mourut dans la chambre à gaz le 31 mars 1945.

     

    Le 14 janvier 1985, Yad Vashem – Institut international pour la Mémoire de la Shoah – décerna à Élisabeth Skobtsov, Mère Marie, le titre de Juste parmi les Nations.

     

    Le 16 juillet 1985, Yad Vashem  – Institut International pour la Mémoire de la Shoah – décerna également au Père Dimitri Klepinine le titre de Juste parmi les Nations.

     

    plaque commémorative

    Plaque commémorative

    Documents annexes

    Poème
    Article de presse – Le droit de vivre de 12/1969

     




    Mis à jour il y a 1 semaine.