Dossier n°3080

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Les Justes

Année de nomination : 1992
Cécile Larrazet Lapyre
Année de nomination : 1992
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : institutrice

Pierre Larrazet
Année de nomination : 1992
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Postier

Localisation Ville : Saint-Aubin (40250)
Département : Landes
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Les Larrazet habitaient St. Aubin dans les Landes. Cécile était institutrice à l’école du village et son mari, qui avait perdu un bras à la guerre de 14, était postier. Le couple était estimé dans le village et en bons termes avec les autorités. En mars 1942 madame Oehlgisser et ses deux filles, Charlotte qui avait sept ans et Esther qui en avait douze, quittèrent Paris et vinrent se réfugier à St.Aubin, sur le conseil de leur voisine Simone Justes (q.v.). Elles s’installèrent chez son beau-frère, Julien Justes (q.v.). Les deux fillettes furent inscrites à l’école et c’est ainsi que Cécile Larrazet fit leur connaissance. En juillet 1942, M. Oehlgisser, qui avait réussi à échapper à la grande rafle du 16 juillet à Paris, prit le train pour Mont-de-Marsan dans les Landes. Le voyage était dangereux car il y avait de nombreux contrôles. Mme Oehlgisser pria les Larrazet de l’aider à gagner St. Aubin, situé à trente kilomètres de la gare. L’opération était risquée car les deux hommes pouvaient à tout moment être arrêtés pour un contrôle. Pierre accepta néanmoins d’aller chercher le réfugié et le ramena sain et sauf. Un peu plus tard, le postier apprit que les Allemands s’apprêtaient à faire une descente à la ferme des Justes. Sa femme alla avertir les Oehlgisser qui s’enfuirent sans délai. Les Larrazet trouvèrent une solution pour chacun d’entre eux. Cécile persuada les soeurs de St.Vincent de Paul, qui dirigeaient un orphelinat à Mont-de-Marsan, d’accepter les deux fillettes juives. Mme Oehlgisser séjourna un temps chez Pierre et Cécile, cependant, voyant combien elle souffrait d’être séparée de ses enfants, Cécile fit à nouveau appel à la mère supérieure qui accepta d’embaucher la maman comme couturière. Quant à M. Oehlgisser, c’est juché sur la bicyclette du postier qu’il quitta le village. Suivant les instructions détaillées qu’il avait reçues de Pierre Larrazet, il prit des petites routes qui lui permirent d’arriver dans une localité proche de Vichy. Pierre et Cécile avaient pris d’énormes risques pour aider la famille, et refusèrent d’accepter la moindre rétribution.

Le 16 juin 1992, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Pierre et Cécile Larrazet le titre de Juste parmi les Nations.

Pierre et Cécile LARRAZET avec les deux filles qu'ils ont sauvées Esther et Charlotte.

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