Dossier n°3125

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Les Justes

Année de nomination : 1985
Henri Briard
Année de nomination : 1985
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Employé dans une usine d’outils

Marie Chotel
Année de nomination : 1985
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Concierge

Localisation Ville : Paris (75011)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Le 16 juillet 1942, Marie Chotel fut réveillée au petit matin par le bruit d’un camion s’arrêtant devant la porte de l’immeuble du 11ème arrondissement de Paris dont elle était la concierge. A la vue du fourgon cellulaire, elle comprit immédiatement ce qui se passait et se précipita au premier étage pour réveiller Berthe Melszpajz et sa fillette de sept ans, Odette. Le temps que les policiers arrivent à la loge, mère et fille étaient cachées chez Marie dans un placard à balais. Elle sortit une bouteille de vin rouge et deux verres pour détourner l’attention des agents. Lorsqu’ils lui demandèrent de les conduire chez les Melszpajz, elle répondit qu’elles étaient en vacances. Ils insistèrent, se livrant à des remarques insultantes sur les deux locataires juives, et ordonnèrent à la concierge de leur ouvrir l’appartement. Elle tergiversa, disant qu’il était bien trop en désordre. Les policiers se laissèrent convaincre, vidèrent leur verre de vin et s’en allèrent. Marie Chotel, qui avait alors 59 ans, n’avait jamais été à l’école et ne savait pas lire. Elle avait travaillé durement depuis son plus jeune âge. N’ayant pas d’enfants, elle s’était attachée à la petite Odette. Lorsque le père de la fillette, mobilisé, fut fait prisonnier par les Allemands, Marie Chotel s’occupa de sa femme et son enfant du mieux qu’elle put. Une fois les gendarmes partis, les Melszpajz ne retournèrent jamais dans l’appartement. Henri Briard, le compagnon de Marie, accompagna Odette à la gare d’Austerlitz. Des voisins les virent sortir et les reconnurent; ils savaient que l’enfant était juive. Briard, à la merci d’une dénonciation, risquait gros. Escortée par une française qui faisait partie d’un réseau de sauvetage de Juifs, la fillette partit avec trois autres jeunes juives de son âge vers Chavagnes-en-Paillers, en Vendée. Marie Raffin (q.v.), une habitante du village, les prit en charge et les cacha à son domicile. Berthe Melszpajz trouva,un peu plus tard asile dans le voisinage. Mais Marie Chotel ne se contenta pas d’avoir ainsi sauvé la mère et la fille. Pendant les deux années qui suivirent – jusqu’à la Libération – elle envoya des colis de ravitaillement au mari de Berthe, Georges, dans son camp de prisonniers. Aujourd’hui, une plaque de marbre dans le hall de l’école de Pair-et-Grandrupt (Vosges), le village natal de Marie Chotel, porte la médaille décernée par Yad Vashem à cette femme généreuse. Odette Melszpajz, devenue professeur de littérature française à l’université de Berkeley en Californie, déclara dans son témoignage que Marie Chotel ne savait pas lire, mais ne se trompait jamais pour ce qu’est de distinguer le bien du mal.

Le 28 février 1985, Yad Vashem a décerné à Marie Chotel et à Henri Briard le titre de Juste des Nations.

 

Henri BRIARD et Marie CHOTEL

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