Dossier n°3133 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1985

Alban Fort

Année de nomination : 1985
Date de naissance : 07/02/1911
Date de décés : 25/05/1983
Profession : Fondateur d’un établissement pour enfants orphelins ou sans foyer « le Rayon de Soleil »

Germaine Fort Long

Année de nomination : 1985
Date de naissance : 31/01/1911
Date de décés : //
Profession : Fondatrice d’un établissement pour enfants orphelins ou sans foyer « le Rayon de Soleil »

Localisation Ville : Cannes (6400)
Département : Alpes-Maritimes
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

L'histoire

Alban et Germaine Fort vivaient à Cannes, En 1935, ce couple catholique fonda « Rayon de Soleil », un établissement pour enfants orphelins ou sans foyer, dans une villa de la périphérie. De quarante à soixante enfants y recevaient des soins dévoués dans une atmosphère chaleureuse. Pendant la guerre et au mépris du danger, le couple Fort accepta d’abriter de petits réfugiés juifs orphelins, qui avaient beaucoup souffert. Les opérations de sauvetage étaient organisées par les Abadi, un couple juif de Nice, qui bénéficiait du soutien actif de l’évêque de la ville, Paul Rémond (q.v). C’est ainsi qu’en novembre 1942 Alban et Germaine Fort accueillirent 33 enfants juifs au Rayon de Soleil. Ils avaient de faux papiers et vécurent au foyer pendant de longues périodes : certains s’y trouvaient encore lorsque Cannes fut libérée en août 1944. Les petits Juifs fréquentaient l’école et obtinrent leur certificat d’études primaires comme les autres enfants. Julien et Georges Engel faisaient parti de ce groupe. Leurs parents, des Juifs de Pologne, avaient vécu pendant plusieurs années en Allemagne avant d’émigrer en Belgique au début des années trente. Lorsque ce pays fut envahi en mai 1940, ils se réfugièrent en France et s’installèrent à Nice où ils avaient des parents. En novembre 1942, les Allemands étendirent leur occupation à toute la France, mais Nice fut placée sous contrôle italien. Les Engel tentèrent de s’enfuir en Suisse. Arrêtés, ils furent expédiés au camp de concentration de Rivesaltes. Les enfants furent séparés de leurs parents et envoyés deux semaines plus tard dans un foyer près de Toulouse. Au début de 1943 ils retournèrent chez une tante à Nice. En septembre de la même année, les Allemands entrèrent dans la ville et commencèrent à pourchasser les Juifs – non seulement étrangers, mais aussi de nationalité française. La tante des enfants fut arrêtée par les gendarmes français et Julien et Georges se retrouvèrent une nouvelle fois sans abri. Grâce à un voisin compatissant et au réseau que soutenait l’évêque Rémond, ils arrivèrent au Rayon de Soleil. Ils devaient y séjourner trois ans. En 1946, ils émigrèrent aux Etats-Unis où des parents les adoptèrent. Serge Cymerman lui aussi dut la vie à Alban et Germaine Fort. Arrivé en janvier 1944 après l’arrestation de son père (qui fut déporté à Auschwitz), il vécut au foyer, sous le nom de Serge Castel, jusqu’à la Libération. Après la guerre, nombre des enfants restèrent en contact avec les Fort. Julien et Georges Engel, qui habitaient à Washington, vinrent plusieurs fois rendre visite à leurs sauveteurs, qui à leur tour allèrent les voir aux Etats-Unis.

Le 28 février 1985, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Alban et Germaine Fort le titre de Juste parmi les Nations.

Alban Fort (premier à gauche) et Germaine Fort

Le témoignage

En 1935, Monsieur et MadmeAlban Fort fondent, à  Cannes, une maison d’accueil pour enfants isolés ou en difficulté. Parmi ces nombreux enfants, trente-trois petits israélites sont ainsi recueillis. Deux s’y trouvaient avant la guerre. Les autres sont arrives  à compter du 1er novembre 1942, la plupart sous une identité d’emprunt. Quelques-uns uns ont quitté le  foyer du Rayon de Soleil dans le courant de l’année 1943. D ‘autre y demeurent jusqu’à la libération de Cannes, consécutive du débarquement allié du 15 août 1944. 

Certains ont longtemps conservé avec le couple Fort des relations suivies et chaleureuses. C’est eux qui se sont souvenus que, qu milieu des enfants, Germaine FORT et son mari n’avait pas hésités à cacher des adultes israélites, soit pour un asile temporaire, soit pour leur établir de nouveaux papiers d’identité.

 

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