Dossier n°3134

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Les Justes

Année de nomination : 1985
Albert Delord
Année de nomination : 1985
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Pasteur

Localisation Ville : Carmaux (81400)
Département : Tarn
Région : Occitanie


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Albert Delord
Lorsqu’il fut démobilisé après la défaite en 1940, le pasteur Albert Delord demanda à être affecté à la paroisse de Carmaux dans le Tarn. Certes, il ne s’agissait que d’une petite communauté, mais l’afflux de réfugiés de toutes nationalités y posait un réel problème, aucun systéme d’assistance n’ayant été mis en place à leur intention. Assisté par un ami, le pasteur s’attela à la tâche. Malheureusement, les deux hommes ne suivaient que de loin les événements qui se produisaient en Europe et notamment le drame des Juifs. En été 1942, le pasteur accueillit une centaine d’enfants dans une colonie de vacances. Une famille vint chercher ses filles en catastrophe, après avoir appris que tous les Juifs de la région étaient sur le point d’être arrêtés. Le pasteur, incrédule, s’employa à rassurer les parents. Quelques jours plus tard, il apprit que toute la famille avait été arrêtée et déportée dans un camp de concentration. Atterré, il se précipita chez le seul juif français qu’il connaissait et offrit son aide à la communauté. En moins de 48 heures, des dizaines de familles juives arrivèrent au village. Albert Delors leur ouvrit sa maison et mobilisa tous ses paroissiens. Chacun d’eux reçut une tâche différente : trouver de faux papiers, recueillir des informations. Le pasteur put ainsi accueillir environ deux cents enfants juifs qui vivaient dans les villages des environs. Un quart d’entre eux avaient été séparés de leurs parents, arrêtés pendant qu’ils étaient à l’école. Albert Delors ouvrit en 1944 une colonie de vacances à Lautrec et s’occupa personnellement de tout. Il fit appel à un médecin juif, Joseph Joffé, pour diriger le camp et surveiller la santé des enfants. Sous sa surpervision, les enfants, bien soignés et bien traités, passèrent cinq mois à la colonie. Les habitants du village avaient bien accepté l’initiative du pasteur. Le maire fournit gratuitement des faux papiers et du ravitaillement ; un boulanger prêta de l’argent aux petits, au pasteur et à ses collègues et refusa ensuite d’être remboursé; d’autres firent ce qu’ils pouvaient. Le pasteur Albert Delord s’attacha beaucoup à ces Juifs et garda le contact avec plusieurs d’entre eux auxquels il rendit visite en Israël.

Le 20 septembre 1985, l’institut Yad Vashem de jérusalem a décerné au pasteur Albert Delord le titre de Juste parmi les Nations.

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