Dossier n°3195

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Les Justes

Année de nomination : 1985
Maurice Dubois
Année de nomination : 1985
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Objecteur de conscience, il établit une filiale de l’organisation Secours Suisse aux enfants intégrée à la Croix Rouge

Localisation Ville : Toulouse (31000)
Département : Haute-Garonne
Région : Occitanie

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Maurice Dubois, qui était objecteur de conscience, ne fut pas mobilisé dans l’armée suisse au cours des années trente. Lorsqu’éclata la Seconde guerre mondiale, il établit en France, à Toulouse, une filiale de l’organisation « Secours Suisse aux Enfants ». En 1940, cette filiale fut intégrée à la Croix Rouge suisse. Ruth Tamir, Margot Kern, Peter Salz et Aliza Domka étaient de petits réfugiés juifs allemands. Leurs parents les avaient envoyés d’Allemagne en Belgique pour les mettre en sécurité après la Nuit de Cristal. Lorsque les Allemands envahirent ce pays en mai 1940, les jeunes s’enfuirent en France,avec une centaine d’autres enfants juifs eux aussi réfugiés d’Allemagne. Après avoir longtemps erré de ville en ville, dans des conditions difficiles, privés de tout, ils furent pris en charge par le Secours Suisse. C’est ainsi qu’ils arrivèrent au château de La Hille en Ariège. Dans ce vieux bâtiment rénové pour les accueillir, bien nourris et bien traités, ils purent reprendre goût à la vie. Les plus grands des enfants étaient chargés de petits travaux. Maurice Dubois venait régulièrement rendre visite aux réfugiés, parfois en compagnie de sa femme. Il s’intéressait à eux et leur posait des questions. Tous les enfants l’aimaient et voyaient en lui leur sauveur. Ils vécurent ainsi deux ans, dans une relative sécurité. Mais en août 1942 les arrestations de Juifs n’ayant pas la nationalité française commencèrent dans la région, tous les jeunes de plus de quinze ans furent arrêtés et envoyés au camp du Vernet. Aliza Domka, qui se trouvait parmi eux, raconta après la guerre que Maurice Dubois s’occupa personnellement du sort des jeunes internés et obtint leur mise en liberté. Il se rendit à Vichy, discuta Pierre Laval, chef du gouvernement, et menaça de suspendre immédiatement le programme de placement d’enfants français sous-alimentés dans des camps de vacances en Suisse sous l’égide de la Croix Rouge. Maurice Dubois bluffait; il n’avait pas qualité pour mettre un terme à ce programme d’envergure, et d’ailleurs la Croix Rouge ne l’aurait pas suivi. Toutefois son bluff réussit et il obtint la mise en liberté des enfants et rentra avec eux au château de La Hille. Pendant ce temps, Ellen Dubois, sa femme, n’était pas restée inactive. Elle était allée voir le responsable de la Croix Rouge à Berne, en Suisse pour lui demander de donner asile en Suisse à tous les enfants juifs qui se trouvaient dans des institutions du Secours Suisse. La Croix Rouge refusa. Maurice Dubois comprit alors, comme Rose Naef (q.v) la directrice de La Hille, que les jeunes de 15 ans et plus n’étaient plus en sûreté au château. Au mépris des instructions de ses supérieurs et des lois françaises, Maurice Dubois fit passer clandestinement les enfants en Suisse et, prenant ainsi des risques majeurs, apporta son aide aux passeurs illégaux. Des dizaines de jeunes Juifs lui doivent la vie.

Le 2 mai 1995, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Maurice Dubois le titre de Juste parmi les Nations. 

 

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