Dossier n°3210 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Emilie Hélène Guth

Année de nomination : 1985
Date de naissance : 13/02/1911
Date de décès : 19/07/1998
Profession : infirmière, réceptionniste dans un centre médico-social de l’Organisation de secours aux enfants à Marseille

    Localisation Ville : Marseille (13000)
    Département : Bouches-du-Rhône
    Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

    L'histoire

    En septembre 1942, Emilie Guth, que tout le monde appelle Hélène, est infirmière et réceptionniste dans un centre médico-social de l’Organisation de Secours aux Enfants (O.S.E) à Marseille. Il y a encore peu d’activités de résistance dans cette ville, mais de petits groupes clandestins, comme le Service André, commencent à fonctionner. Il s’agit le plus souvent d’initiatives individuelles sans lien avec les grandes organisations de la Résistance. Emilie participe au Service André dès le début et, bien que n’étant pas juive, elle l’en devient l’un des membres les plus actifs. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Denise Sikierski, une résistante juive. En janvier 1943, une vague d’arrestations de Juifs secoue Marseille. En mars, Denise Sikierski apprend que la Gestapo est à sa recherche. Elle confie alors l’essentiel de ses activités à Emilie Guth. Désormais, elle ne vient plus qu’à Marseille qu’une fois par mois, afin de remettre de l’argent, de faux papiers, des rations alimentaires et d’autres documents à Emilie et à quelques autres agents clandestins qui se cachent dans la ville. Au début du mois de mai 1944, l’étau se resserre sur les Juifs ; les deux femmes choisissent un autre lieu de rencontre, le bureau d’un résistant du nom de Castelli. Avant même la première rencontre, Emilie Guth et Castelli sont arrêtés par la Gestapo. Emilie, qui parle parfaitement l’allemand, tient tête avec calme. Trois semaines plus tard, elle est remise en liberté faute de preuves. Elle revient à Marseille deux semaines plus tard, change d’adresse et reprend ses activités clandestines, qu’elle poursuit jusqu’à la Libération.

    Le 29 avril 1985, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Emilie Guth le titre de Juste parmi les Nations.




    Mis à jour il y a 10 mois.