Dossier n°3225

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Les Justes

Année de nomination : 1985
Maurice Baumont
Année de nomination : 1985
Date de naissance : 26/02/1892
Date de décés : 12/06/1981
Profession : Enseignant en histoire contemporraine à la Sorbonne

Localisation Ville : Paris (75016)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Le professeur Maurice Baumont enseignait l’histoire contemporaine, et particulièrement celle de l’Allemagne, à la Sorbonne. Sa sympathie pour les Juifs était bien connue. Avec l’assistance courageuse de sa fille adoptive, Arlette Kramer-Baumont, qui était juive et membre de la Résistance, il procura de faux papiers d’identité et de fausses cartes d’alimentation à des Juifs, afin de leur permettre de passer en zone sud ou de rester cachés en zone occupée. En juillet 1942, lors des grandes rafles, quand les policiers français allaient de maison en maison, cherchant les Juifs pour les livrer aux Allemands, Baumont hébergea à son foyer, qu’il partageait avec sa fille Arlette, quatorze Juifs en fuite. Après la guerre, Sophie Neu, l’une des quatorze, raconta qu’au début du mois de juillet 1942, Arlette Kramer-Baumont lui avait donné une fausse carte d’identité. Le 14 juillet, Arlette l’avertit de la rafle imminente et lui offrit asile chez elle. Sophie Neu accepta. Le 18 juillet, des policiers se présentèrent au domicile des Baumont et demandèrent s’il y avait des Juifs sous leur toit. Pendant qu’ils dialoguaient dans l’entrée, Sophie saisit l’occasion pour se sauver par l’escalier de service. Les autres Juifs réussirent eux aussi à prendre la fuite. Jenny Bromberger et son mari Guillaume étaient parmi ceux qui avaient trouvé asile chez les Baumont pendant ces jours terribles (du 15 au 18 juillet 1942). Après leur fuite, ils vécurent pendant près d’un an à Versailles dans un  appartement  que M. Baumont leur avait trouvé. Après la guerre, le professeur présida un comité d’études sur la Seconde guerre mondiale et publia un ouvrage intitulé : « Wilhelmstrasse, les archives secrètes du Ministère des Affaires étrangères du Reich ».

Le 6 juin 1985, Yad Vashem a décerné au professeur Maurice Baumont le titre de Juste des Nations. 

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