Dossier n°3518 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marie-Louise Matinier

Année de nomination : 1987
Date de naissance : 21/03/1889
Date de décès : //
Profession : Directrice d’école

Michel Matinier

Année de nomination : 1987
Date de naissance : 02/02/1888
Date de décès : 20/08/1944
Profession : Employé de Mairie

Paule Yvette (Matinier) Trebosc

Année de nomination : 1987
Date de naissance : 17/08/1912
Date de décès : 11/11/2009
Profession : Fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur
    Localisation Ville : Paris (75000)
    Département : Paris
    Région : Ile-de-France

    Lieu de mémoire

    L'histoire

     

    Michel Alphonse et Marie-Louise Matinier vivaient à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme. Michel Alphonse, employé à la mairie, était engagé dans la Résistance, tandis que son épouse était directrice d’école.

    Leur fille, Paule, habitait à Paris avec son mari, Camille Trébosc, président de « Libération Nationale PTT ». Tous trois étaient fortement impliqués dans les réseaux de Résistance. Camille Trébosc fut arrêté le 26 février 1944, puis déporté au mois de mai au camp de Buchenwald, en Allemagne. Il survécut à cette épreuve et rentra en France le 1er mai 1945, ne pesant plus que 35 kilos.

    C’est en venant en aide aux réfugiés espagnols, et plus particulièrement aux enfants, que Paule fit la connaissance de son futur mari. Elle rencontra également le docteur Elie Fiszman et son épouse Sophie, des réfugiés juifs polonais, auxquels elle procura de faux papiers afin qu’ils puissent continuer à vivre clandestinement dans la capitale.

    Lorsque la situation des Juifs devint intenable, Paule, qui était soignée par le docteur Fiszman, convainquit celui-ci de se réfugier chez ses parents, à Clermont-Ferrand. Peu après, elle accompagna Sophie, enceinte de neuf mois, qui rejoignait son mari. Malgré les risques encourus, Michel Alphonse et Marie-Louise Matinier accueillirent généreusement les deux fugitifs. Déjà soupçonné d’activités de Résistance, Michel Alphonse était étroitement surveillé par les autorités.

    Après l’occupation de la zone sud par les Allemands, les Matinier durent trouver une nouvelle cachette pour les époux Fiszman. Ils continuèrent néanmoins, au péril de leur vie, à héberger temporairement des Juifs en fuite, notamment la tante du docteur Fiszman et ses deux fils. Lorsque cette dernière fut arrêtée, ils trouvèrent une famille d’accueil pour les deux garçons.

    Les Matinier accueillirent également André Blumel, secrétaire de Léon Blum, l’illustre dirigeant socialiste. Grâce à ses fonctions à la mairie, Michel Alphonse procura à de nombreux Juifs de faux papiers qui leur sauvèrent la vie. Parmi eux figuraient les époux Sterca et leurs filles, Rachel et Sarah. Après les avoir hébergés quelques jours, Michel Alphonse et Marie-Louise confièrent trois membres de la famille à d’autres résistants, qui leur trouvèrent une cachette où ils purent vivre jusqu’à la Libération. Rachel Sterca, âgée de quatorze ans en 1942, demeura près d’un an chez les Matinier. Dans ses mémoires, elle évoque la chaleur de ce foyer où elle fut accueillie comme leur propre fille, une maison ouverte « à toutes les personnes en détresse, malgré le danger que cela représentait pour eux ».

     

    Quelques jours avant la Libération, le 9 août 1944, Michel Alphonse Matinier fut arrêté par la Milice, très probablement à la suite d’une dénonciation, en même temps que le docteur Elie Fiszman. Accusés de faits de Résistance, les deux hommes furent torturés par la Gestapo avant d’être assassinés. Leurs corps mutilés furent retrouvés au fond d’un puits.

    Marie-Louise Matinier fut également arrêtée et devait être déportée vers un camp de concentration. La libération de Clermont-Ferrand intervint cependant à temps pour lui sauver la vie.

     

    Le 14 janvier 1987, Yad Vashem, l’Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Michel Alphonse Matinier, à Marie-Louise Matinier et à leur fille Paule Trébosc le titre de Justes parmi les Nations.

     




    Mis à jour il y a 3 semaines.