Dossier n°3520

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Les Justes

Année de nomination : 1986
Berthe Laurain
Année de nomination : 1986
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Concierge d’immeuble

Localisation Ville : Paris (75013)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Berthe Laurain était la concierge d’un immeuble sis au 65 du boulevard Arago dans la « Cité Fleurie », un quartier d’artistes à Paris. L’immeuble comprenait des studios et des appartements. Parmi les locataires se trouvaient plusieurs juifs, et notamment un artiste nommé Torrès. La concierge avait de bons contacts avec la police et était toujours prévenue lorsqu’une rafle était en préparation. Alors que tant de concierges à Paris, qui connaissaient bien les locataires, informaient les autorités de leurs mouvements ou les dénonçaient, Berthe Laurain, elle, avertissait Torrès et les autres artistes juifs des rafles prévues, leur permettant ainsi de s’enfuir et de sauver leur vie. Certains de ces artistes allaient se cacher temporairement, et rentraient une fois le danger immédiat passé. D’autres, ayant réussi à trouver un asile plus sûr, ne revenaient pas. La concierge, mère de cinq enfants, vivait chichement de son salaire. Elle aurait pu se faire payer cher ses informations par les autorités allemandes et françaises, mais elle choisit de sauver tous les Juifs de l’immeuble, malgré le danger. En effet, des descentes de police répétées, sans qu’on ne découvre un seul juif, ne pouvaient qu’éveiller les soupçons des autorités. Ruth Domela habitait le 65 boulevard Arago avec son mari et ses deux enfants. Chaque fois que la concierge l’avertissait qu’une rafle se préparait, la famille partait précipitamment se réfugier à la campagne. Un vieux couple de Juifs viennois habitait l’immeuble. Prévenu par la concierge, il put gagner l’Espagne et eut ainsi la vie sauve. Berthe Laurain déclara après la guerre qu’elle avait agi tout naturellement et ne pensait pas mériter de récompense pour avoir fait ce qu’aurait dû faire alors tout être humain digne de ce nom.

Le 3 novembre 1986, Yad Vashem a décerné à Berthe Laurain le titre de Juste parmi les Nations. 

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