Dossier n°3799 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1989

Clothilde Daubas Berges

Année de nomination : 1996
Date de naissance : 02/03/1909
Date de décés : //
Profession : Fermière

Valentin Daubas

Année de nomination : 1989
Date de naissance : 12/09/1902
Date de décés : 15/05/1994
Profession : Fermier

Localisation Ville : Bonas (32410)
DĂ©partement : Gers
RĂ©gion : Occitanie

Personnes sauvées

L'histoire

Valentin Daubas vivait Ă  La Cassagnard, petit village près de Bonas, dans le Gers, avec sa femme Clotilde et leurs trois enfants. Ce fermier, qui avait une trentaine d’annĂ©es pendant l’Occupation, s’occupait de ses vignobles et Ă©levait des canards. Deux rĂ©fugiĂ©es juives originaires d’Allemagne, Erika Dessauer et sa mère, avaient Ă©tĂ© assignĂ©es Ă  rĂ©sidence Ă  Castera Verduazan, non loin de La Cassagnard. Erika, qui avait alors dix-neuf ans, fut envoyĂ©e par sa mère Ă  la ferme Daubas pour acheter de la nourriture et sonder ses propriĂ©taires : seraient-ils disposĂ©s Ă  les aider si elles avaient un jour besoin d’une cachette? La rencontre fut positive : Erika fut Ă©mue par la bontĂ© d’une famille large d’esprit qui lui assura qu’elle trouverait porte ouverte le jour oĂą elle chercherait un abri pour elle et sa mère. Son père, qui Ă©tait restĂ© Ă  Toulouse, Ă©tait en contact avec un officier de police, Charles Heyl, qui lui avait promis de l’avertir en cas de rafle. Il tint parole et, le 3 aoĂ»t 1943, convoqua M. Dessauer au commissariat de Toulouse pour le prĂ©venir que des arrestations massives de Juifs Ă©taient imminentes. M. Dessauer contacta immĂ©diatement sa femme et sa fille et, utilisant le code qu’ils avaient mis au point, les prĂ©vint qu’elles devaient se sauver. Le soir mĂŞme, les deux femmes se rendirent Ă  pied Ă  la ferme des Daubas, situĂ©e Ă  quatre kilomètres. Valentin et Clotilde les accueillirent chaleureusement, les assurant qu’elles seraient en sĂ©curitĂ© et qu’elles pouvaient rester aussi longtemps qu’il le faudrait. On expliqua aux enfants que madame Dessauer, malade, Ă©tait venue reprendre des forces Ă  la campagne, mais qu’il ne fallait parler des visiteuses Ă  personne. Les Daubas leur demandèrent de plus de les prĂ©venir s’ils voyaient un Ă©tranger approcher. Erika et sa mère sĂ©journèrent Ă  la ferme pendant une semaine, et leurs hĂ´tes refusèrent toute rĂ©munĂ©ration. Erika n’oublia jamais la gentillesse de Valentin Daubas. Bien des annĂ©es plus tard, alors qu’elle vivait aux Etats-Unis, elle vint lui rendre visite en compagnie de sa famille, et retrouva le mĂŞme fermier chaleureux et modeste, pour lequel ce qu’il avait fait pendant l’Occupation Ă©tait tout naturel. Il lui Ă©crivit par la suite : « Je n’ai fait que mon devoir envers vous et votre mère, car le rĂ´le de la RĂ©sistance et d’une grande partie des Français Ă©tait de faire Ă©chec aux Nazis. Nous y sommes parvenus et j’en suis heureux » se contenta-t-il de dire.

Le 5 mars 1989, Yad Vashem a décerné à Valentin Daubas et à Clotilde sa femme le titre de Juste des Nations. 

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