Dossier n°3830

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Les Justes

Année de nomination : 1988
Madeleine Barot Brot
Année de nomination : 1988
Date de naissance : 04/07/1909
Date de décés : 28/12/1995
Profession : Secrétaire Générale de la CIMADE

Localisation Ville : Gurs (64190)
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Madeleine Barot était la secrétaire générale de la CIMADE, l’organisation qui regroupait tous les mouvements de jeunesse protestants, et s’était donné pour tâche de venir en aide aux personnes évacuées des localités situées le long de la frontière franco-allemande. Beaucoup de ces réfugiés rentrèrent chez eux en été 1940. L’organisation décida alors de venir en aide aux victimes du régime de Vichy et de l’Occupation, c’est-à-dire essentiellement aux Juifs qui n’avaient pas la nationalité française. A l’automne 1940, des mères juives totalement démunies accouchaient au camp d’internement de Gurs, dans le sud de la France. Madeleine Barot se présenta à la porte du camp avec un paquet de couches pour les nouveaux-nés et déclara au garde qu’elle était chargée de les distribuer aux jeunes mères. Elle put ainsi pénétrer dans le camp, où elle revint ensuite tous les jours, sous un prétexte différent, en compagnie d’une autre militante de la CIMADE, Jeanne Merle d’Aubigné. Ayant fini par obtenir la permission du commandant du camp, elle ouvrit une permanence de la CIMADE dans un baraquement de Gurs et s’y installa. L’organisation internationale YMCA avait pourtant sollicité en vain auprès des autorités de Vichy des autorisations d’entrée pour les représentants de la CIMADE. Mais grâce à son courage et à sa débrouillardise, Madeleine Barot réussit à mener à bien sa mission, avec l’aide d’autres membres de la CIMADE. La permanence devint un fait accompli et Madeleine Barot fit d’intenses efforts pour obtenir la mise en liberté de certains prisonniers. C’est ainsi qu’elle arriva à faire transférer des enfants, des malades et des vieillards dans des établissements que la CIMADE ouvrit à cet effet, surtout dans la localité de Chambon-sur-Lignon. A partir de l’été 1942, lorsque les Allemands occupèrent le sud de la France, les Juifs hébergés dans ces maisons se trouvèrent eux aussi menacés d’arrestation, mais Madeleine se dépensa sans compter pour les protéger. Elle mit en oeuvre toutes les stratégies de la clandestinité : fourniture de faux papiers, transfert des plus menacés vers d’autres établissements, voire en Suisse. Plusieurs centaines de Juifs lui doivent la vie.

Le 28 mars 1988, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Madeleine Barot le titre de Juste parmi les Nations. 

De gauche à droite, le pasteur André Trocmé et son fils Jacques, le pasteur Edouard Theis et Mireille Phili

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