Dossier n°3903

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Les Justes

Année de nomination : 1988
Germaine Bocquet
Année de nomination : 1988
Date de naissance : 06/10/1918
Date de décés : //
Profession : Cheftaine scout

Localisation Ville : Brive-la-Gaillarde (19100)
Département : Corrèze
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Germaine Bocquet habitait Brive, dans le département de la Corrèze. Elle faisait partie d’un réseau clandestin animé par Edmond Michelet (q.v), personnalité politique qui devint plus tard Ministre de la justice sous la Quatrième République. Après l’arrestation de Michelet à l’automne 1943, (il fut ensuite déporté à Dachau), le réseau fut dissous. Germaine Bocquet s’enfuit, d’abord à Clermont-Ferrand, puis à la campagne près de Bourges. Dans le cadre de ses activités clandestines, la jeune femme, qui était l’une des responsables du mouvement des Scouts catholiques, participa à plusieurs sauvetages d’enfants juifs. A l’automne 1942, elle avait été sollicitée pour procurer de faux papiers à de petits Juifs dont les parents avaient été déportés dans les camps. Elle accepta immédiatement, puis prit en charge plusieurs de ces enfants, leur fit revêtir un uniforme scout et les conduisit auprès de familles d’accueil à Limoges et à Toulouse. Après cette périlleuse opération, elle intensifia ses efforts en faveur des familles juives qui cherchaient à fuir la France occupée. Elle les guidait dans la traversée des Alpes pour passer la frontière suisse au Col de Balme, à plus de deux mille mètres d’altitude. C’est lors de l’une de ces audacieuses traversées qu’elle rencontra son futur mari, officier de renseignement dans le réseau clandestin. En décembre 1943, on demanda à Germaine Bocquet de cacher Jules Isaac, le célèbre historien juif, dont la famille venait d’être déportée vers l’est. Elle lui donna asile chez elle jusqu’à la fin de l’occupation, le présentant aux voisins curieux comme son oncle. Pour éviter de le mettre en danger, elle cessa ses activités clandestines. Cependant elle trouva encore une cachette pour Paul Stern, un ingénieur juif hongrois. Paul Stern mourut quelques temps plus tard en se battant au sein d’une unité de maquisards contre des troupes SS. En apprenant que l’Etat d’Israël voulait lui conférer le titre de Juste des Nations, elle répondit : « Je pense à tous ceux qui ont bien plus que moi mérité ce titre puisque tant d’entre eux ont donné leur vie. »

Le 13 juin 1988, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Germaine Bocquet le titre de Juste des Nations.

 

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