Dossier n°3905 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1988

Roger Darcissac

Année de nomination : 1988
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Directeur de collège

Localisation Ville : Le Chambon-sur-Lignon (43400)
DĂ©partement : Haute-Loire
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

Personnes sauvées

L'histoire

Roger Darcissac Ă©tait directeur de collège au Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire. En mars 1942, Serge Sobelman, qui avait alors treize ans, vint le voir pour demander son admission dans l’établissement. Craignant de dĂ©voiler qu’il Ă©tait juif, le jeune garçon se prĂ©senta sous un faux nom, ne lui montra ni ses papiers d’identitĂ© ni son dossier scolaire. Comprenant que Serge Ă©tait juif, le directeur l’accepta aussitĂ´t sans autre formalitĂ©. Ce n’Ă©tait d’ailleurs pas le seul Juif de l’Ă©cole. Roger Darcissac, qui s’intĂ©ressait d’habitude Ă  la famille de ses Ă©lèves chrĂ©tiens, ne posait jamais de questions aux enfants juifs, ne voulant pas les mettre dans l’embarras ou les inquiĂ©ter. Comme tous les habitants du Chambon, le directeur faisait semblant de ne pas savoir qu’il y avait des Juifs dans la ville. Il Ă©tait ainsi plus facile de les cacher. Roger Darcissac dĂ©montra son attachement Ă  ses Ă©lèves juifs lorsqu’il fut arrĂŞtĂ©, avec les pasteurs AndrĂ© TrocmĂ© (q.v.) et Edouard Theis (q.v.), qui comme lui oeuvraient au sauvetage de Juifs. Le directeur subit courageusement l’interrogatoire de la police française et ne rĂ©vĂ©la pas la prĂ©sence d’enfants juifs dans son Ă©tablissement. LibĂ©rĂ©, il put reprendre ses fonctions et continua, au mĂ©pris du danger, Ă  protĂ©ger ses Ă©lèves juifs jusqu’Ă  la LibĂ©ration. Serge Sobelman obtint son B.E.P.C en juillet 1944 et Darcissac lui remit le document, Ă©tabli Ă  son faux nom. En acceptant et en protĂ©geant des enfants juifs, le directeur avait risquĂ© sa vie, comme il ressort du cas tragique de Daniel TrocmĂ© (q.v) directeur de « La Maison des Roches » au Chambon. Lorsque les Allemands y dĂ©couvrirent plusieurs enfants juifs, ils les dĂ©portèrent avec leur directeur vers les camps d’extermination, d’oĂą aucun d’entre eux ne devait revenir.

Le 14 novembre 1988, Yad Vashem a décerné à Roger Darcissac le titre de Juste des Nations.

Roger DARCISSAC au milieu, avec à sa gauche André TROCME et à sa droite Edouard THEIS

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