Dossier n°3976 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Madeleine Denis

Année de nomination : 1988
Date de naissance : 04/10/1890
Date de décès : 09/10/1969
Profession : Professeur d’anglais
    Localisation Ville : ()
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    Personnes sauvées

    Cérémonies

      L'histoire

      Avant la Seconde Guerre mondiale, la famille Waksberg, d’origine polonaise, vivait dans un appartement situé au 48, rue Meslay, dans le IIIᵉ arrondissement de Paris. Daniel Waksberg y résidait avec son épouse Hana et leurs deux enfants, tous deux nés à Paris : Hélène, née en 1930, et Armand-Lucien, né en 1934.

      En janvier 1940, comme de nombreux étrangers, Daniel s’engagea dans un Régiment de marche de volontaires étrangers (RMVE) afin de défendre la France. Démobilisé, il rentra à Paris. Mais, lors de la rafle dite du « billet vert », le 14 mai 1941, il fut arrêté et interné au camp de Pithiviers. Ayant obtenu la fonction de vaguemestre, chargé de la distribution du courrier, il était autorisé à sortir du camp. Il parvint à s’évader le 14 mars 1942 et entra alors dans la clandestinité afin d’échapper à une nouvelle arrestation.

      Il demanda de l’aide à l’un de ses anciens clients, Charles Bonnamy, ancien combattant de la Première Guerre mondiale. Celui-ci mit à sa disposition son appartement situé au 16, rue de l’Ancienne-Comédie, dans le VIᵉ arrondissement de Paris, où Daniel s’installa avec toute sa famille.  Après plusieurs tentatives infructueuses pour passer en zone libre, la famille se sépare pour tenter de survivre.

      Au mois de novembre 1942, Hélène Waksberg, alors âgée d’à peine douze ans, se confia à son professeur d’anglais, Madeleine Denis, qui habitait à l’Institut d’études slaves, au 9, rue Michelet, dans le VIᵉ arrondissement. La fillette, en détresse, lui expliqua que sa famille ne se sentait plus en sécurité depuis les grandes rafles du mois de juillet, suivies de la déportation des Juifs vers une destination alors inconnue. Les Waksberg avaient cherché, en vain, à passer en zone libre.

      Madeleine Denis proposa immédiatement d’accueillir Hélène chez elle. La jeune fille s’y installa en novembre 1942 et y resta jusqu’à la fin de la guerre. Au lycée, personne — ni les enseignants ni les élèves — ne se doutait que Madeleine Denis, fille de l’illustre historien Ernest Denis, hébergeait clandestinement l’une de ses élèves.

      Afin de ne pas attirer l’attention, Madeleine traitait Hélène en classe exactement comme ses autres élèves. À la fin des cours, elles regagnaient leur domicile séparément. Hélène continuait ainsi à fréquenter le lycée sous sa véritable identité, mais sans porter l’étoile jaune. Elle évitait de fréquenter ses camarades en dehors de l’école, car certaines d’entre elles auraient pu se souvenir que, quelques mois auparavant, elle avait porté l’étoile jaune.

      Ses parents, quant à eux, vivaient dans une cachette située dans le XIIIᵉ arrondissement, trouvée grâce au pasteur Vergara et à son réseau de résistance. Ils la quittaient de temps à autre pour venir voir leur fille. Ces visites représentaient un danger supplémentaire : s’ils avaient été suivis, Madeleine Denis aurait risqué l’arrestation et peut-être même la mort.

       

      Pendant toute cette période, Madeleine s’occupa d’Hélène avec un grand dévouement, veillant à sa sécurité et à tous ses besoins.

       

      Le 30 octobre 1988, Yad Vashem, Institut international pour la mémoire de la Shoah, décerna à Madeleine Denis le titre de Juste parmi les Nations.

       

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      Mis à jour il y a 2 semaines.