Dossier n°3977

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Les Justes

Année de nomination : 1988
Geneviève Liaume
Année de nomination : 1988
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Vendeuse en boulangerie

Roger Liaume
Année de nomination : 1988
Date de naissance : 05/02/1916
Date de décés : //
Profession : Ouvrier dans une poudrerie d’armement

Localisation Ville : Monts (37260)
Département : Indre-et-Loire
Région : Centre-Val de Loire

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

En 1941 Geneviève Liaume travaillait dans un café à Sorigny et se lie d’amitié avec les Kanter, une famille juive qui habitait à proximité. La famille Kanter dont les parents et le fils aîné étaient polonais et leurs trois autres enfants qui étaient français, avaient été évacués de Metz en juin 1940 vers Bordeaux.
Le père Jacques et le fils aîné Henri (18 ans) étaient internés au camp de La Lande. La mère Cylla, et les enfants Rose (11 ans), Bernard (3ans) et Michel (1 an) vivaient en dehors du camp au lieu-dit la Horaie, dans la commune de Monts. 
Ils vécurent séparés, ainsi, pendant plusieurs mois. 
Les internés disposaient de leur liberté dans la journée mais fin 1941 des barbelés sont installés et ils apprennent alors que le camp de La Lande serait évacués vers l’est.

La petite Rose lui demande de l’aide pour sauver son père et son frère, prisonniers aucamp de La Lande
C’est ainsi que Geneviève Liaume devient résistante, mais elle n’agit pas dans le cadre d’une organisation. 

Avant la fin des travaux Geneviève Liaume conseille à Jacques et Henri de ne pas rejoindre le camp et les accueille dans la ferme familiale, à l’insu des voisins et de la famille. Ils resteront cachés six longues semaines, puis avec son mari elle leur fera traverser la ligne de démarcation à Reignac. 
Elle cache ensuite le père de la petite fille pendant 4 mois et son frère pendant 6 mois. 
Le reste de la famille (dont un bébé) franchira également la ligne, après de nombreuses péripéties (dans une charrette et dissimulé sous des fleurs destinées à un enterrement).

Ayant de bonnes relations avec la boulangère, Geneviève Liaume obtient de l’aide pour le ravitaillement de ceux qu’elle cache.

De plus, Geneviève et Roger Liaume font passer la ligne de démarcation à une centaine de personne de toutes confession, leur maison se situant à proximité. 

Geneviève Liaume* continue aussi à faire évader des prisonniers du camp de La Lande, telle Éva. 
Malgré une arrestation lors du passage de la ligne, elle ne fut pas emprisonnée. Elle effectuait tous ces actes de résistance avec l’aide de sa famille : son fils, résistant, effectuait des missions de sabotage. 

La discrétion du couple Liaume sera telle, qu’il faudra attendre une rencontre fortuite en 1987, à Paris entre Henri Kanter et le fils deGeneviève et Roger Liaume, Jean-Claude pour que les familles se retrouvent. Depuis les liens entre les deux familles se sont resserrés etHenriRoseBernard et leur famille étaient tous présents et tout aussi émus que Geneviève pour la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur le dimanche 29 avril 2007 devant la Stèle du camp de La Lande à Monts où plus de 700 juifs ont été envoyés à Auschwitz.

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