Les Justes
Paul Vergara
Année de nomination : 1988Date de naissance : 10/04/1883
Date de décès : 17/04/1965
Profession : Pasteur de l’Oratoire du Louvre
Marcelle (Roberty) Vergara
Année de nomination : 1988Date de naissance : 27/08/1885
Date de décès : 22/11/1969
Profession : Femme au foyer
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
Lieu porteur de mémoire
Cérémonies
L'histoire

Pasteur Paul Vergara
Paul Vergara était pasteur de l’Oratoire du Louvre, à Paris depuis 1933. Pendant l’Occupation, son épouse Marcelle et lui-même se dépensèrent sans compter pour sauver des Juifs. Ils hébergeaient temporairement des enfants à leur domicile, en envoyaient d’autres en lieu sûr et procuraient de faux papiers d’identité aux Juifs pourchassés. Le pasteur avait également mobilisé les fidèles de sa paroisse afin de participer à cette œuvre de sauvetage.
Daniel et Hanna Waxberg, émigrés de Pologne, ainsi que leurs enfants, eurent la vie sauve grâce au pasteur et à son épouse. Le 14 mars 1942, Daniel Waxberg s’enfuit du camp de Pithiviers, où il était interné depuis un an. En juillet 1942, alors qu’il se cachait dans l’appartement d’un client de longue date par crainte d’être arrêté, il tenta, sans succès, de passer en zone sud avec sa famille et dut regagner sa cachette. Sa fille, Hélène Waxberg, confia leur situation à son professeur d’anglais, qui orienta la famille vers le pasteur Vergara.
Le couple Vergara constituait une véritable plaque tournante d’un réseau qui permit à de nombreux Juifs d’échapper aux persécutions. Paul et Marcelle Vergara étaient au cœur d’une chaîne de solidarité et de résistance. Le pasteur contacta les Béchard qui, à sa demande, louèrent pour la famille Waxberg un appartement situé au 9, rue Henri-Pape, dans le XVIIIᵉ arrondissement de Paris, et leur procurèrent de faux papiers. Ils y vécurent sans être inquiétés jusqu’à la fin de la guerre.
En 1943, le Mouvement national contre le racisme bénéficia du soutien sans faille du pasteur Vergara et de son assistante, Marcelle Guillemot, ainsi que de la mise à disposition d’un local, « La Clairière », centre social, situé au 60, rue Greneta, dans le IIᵉ arrondissement de Paris, afin d’y accueillir des personnes menacées.
Le 12 février 1943, le pasteur Vergara et son assistante Marcelle Guillemot — qui sera reconnue Juste parmi les Nations en 1989 — distribuèrent aux fidèles une circulaire leur demandant de se présenter, le lendemain, dans les bureaux de l’UGIF afin de faire sortir un enfant juif pour la journée. Soixante-trois enfants, âgés de trois à dix-huit ans et dont les parents avaient été arrêtés, ne retournèrent pas au foyer de l’UGIF : ils furent rassemblés dans les locaux du patronage dirigé par le pasteur.
Le 16 février, la Gestapo découvrit l’opération et envoya des agents dans ces locaux. Marcelle Guillemot parvint toutefois à organiser la fuite des enfants. Marcelle Vergara, quant à elle, fut arrêtée peu après par la Gestapo et internée à la prison de Fresnes. Par leur engagement et leur action, Paul et Marcelle Vergara contribuèrent ainsi au sauvetage de ces soixante-trois enfants juifs.
Le 30 août 1988, Yad Vashem décerna au pasteur Paul Vergara et à son épouse Marcelle le titre de Juste parmi les Nations.

27 avril 1992 cérémonie à Yad Vashem


