Dossier n°4007 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1988

Antoine Frachette

Année de nomination : 1988
Date de naissance : 15/05/1873
Date de décés : 01/05/1947
Profession : Maire, propriĂ©taire exploitant d’un moulinage de soie naturelle Ă  Artaud (commune de Tence)

Localisation Ville : Tence (43190)
DĂ©partement : Haute-Loire
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

Comme des dizaines de milliers d’autres juifs allemands, la famille Brill – le père, la mère et leur fille de dix-neuf ans, Gertrude – s’Ă©taient enfuis en France oĂą ils espĂ©raient trouver un refuge. Mais dès 1940, la mère et la fille furent internĂ©es au camp de Gurs, dans les PyrĂ©nĂ©es. Le père, lui, fut envoyĂ© dans un camp de travail Ă  Tence, petite localitĂ© de la Haute-Loire. En aoĂ»t, Gertrude et sa mère furent autorisĂ©es Ă  quitter Gurs pour rejoindre M. Brill. ArrivĂ©es Ă  Tence, les deux femmes apprirent que le camp venait d’ĂŞtre dissous et que tous les dĂ©tenus avaient Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  Gurs. Elles furent assignĂ©es Ă  rĂ©sidence dans la ville sous le contrĂ´le de la gendarmerie locale. La jeune fille tomba gravement malade et son père reçut la permission de sortir du camp de Gurs pour lui rendre visite. Il dĂ©cida de rester Ă  Tence, en dĂ©pit du danger. Les gendarmes se montrèrent comprĂ©hensifs et prĂ©venaient la famille quand des arrestations Ă©taient prĂ©vues : les Brill se sauvaient alors dans la forĂŞt. Ils vivaient cependant dans la peur et l’angoisse. C’est alors que le maire de la ville, Antoine Frachette, vint Ă  leur secours. Il Ă©tait connu pour observer scrupuleusement les lois de Vichy. Toutefois, lorsque Gertrude vint le voir et exposa la situation dramatique qui Ă©tait la sienne et celle de ses parents, il fut Ă©mu. Il la conduisit dans un petit bureau de la mairie et l’y laissa seule. Sur la table se trouvaient le cachet de la municipalitĂ© et trois cartes d’identitĂ© portant de faux noms. La jeune fille n’eut qu’Ă  tamponner les trois pièces. Quelques minutes plus tard, le maire revint, apposa sa signature sur le cachet, mit cachet et tampon encreur dans sa poche et sortit. Gertrude le suivit avec les trois cartes d’identitĂ© dans sa poche. Ces papiers sauvèrent la vie des Brill. Le maire se livra Ă  la mĂŞme opĂ©ration pour d’autres Juifs, qui eux aussi lui durent la vie.

Le 26 juillet 1988, Yad Vashem a décerné à Antoine Jean-Marie Frachette le titre de Juste parmi les Nations. 

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