Dossier n°4020

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Les Justes

Année de nomination : 1988
Clémentine Caquineau Mercier
Année de nomination : 1988
Date de naissance : 02/04/1879
Date de décés : 02/11/1945
Profession : Cultivatrice

Julien Caquineau
Année de nomination : 1988
Date de naissance : 28/03/1872
Date de décés : 30/12/1945
Profession : Cultivateur

Localisation Ville : Maillezais (85420)
Département : Vendée
Région : Pays-de-la-Loire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Allée des Justes à Paris

Les Caquineau étaient des fermiers; ils habitaient à Souil-par-Maillezais, petit village de Vendée. A l’été 1940, Madame Rothstein, une de leurs connaissances, arriva chez eux avec ses enfants Nathan et Dina, expliquant qu’elle s’était enfuie de Paris lors de l’entrée des Allemands dans la ville. Julien et Clémentine accueillirent chaleureusement les réfugiés et tentèrent de les rassurer. Quelque temps après, tous les trois rentrèrent à Paris. En juillet 1942, le fils Caquineau, Gabriel, qui était policier à Paris, apprit qu’une grande rafle des Juifs était imminente. Il courut prévenir les Rothstein mais arriva trop tard : le père de famille venait d’être arrêté. Il fut déporté dans un camp de concentration, d’où il ne revint pas. Sa femme et ses enfants s’enfuirent à toute hâte vers la ferme des Caquineau. Ces derniers, qui n’étaient pas riches, logèrent les réfugiés dans un hangar dans la cour. Mme Rothstein leur payait un modeste loyer pour exprimer sa gratitude. Un peu plus tard, elle leur demanda d’héberger aussi le petit Manfred Ackerman, un garçon de douze ans dont les parents, des parisiens, étaient des amis. Julien et Clémentine l’accueillirent chaleureusement. Cacher des Juifs à Souil-par-Mallezais devint de plus en plus dangereux, car le village se trouvait dans la zone du « mur de l’Atlantique ». Les Allemands y édifiaient des fortifications pour faire face à un éventuel débarquement allié, et les étrangers étaient interdits de séjour dans la région. De plus, tant la gendarmerie française que les forces allemandes avaient leur quartier-général à proximité. Pourtant les courageux fermiers continuèrent à cacher les Rothstein, Manfred ainsi que M. Milichman et sa fille Suzy, des amis de madame Rothstein. Les habitants du village participèrent eux aussi à cette opération de sauvetage en fournissant de faux papiers aux Juifs cachés et surtout en gardant le secret le plus absolu sur leur identité. Les six réfugiés vécurent chez les Caquineau jusqu’à la libération. Les fermiers les avaient toujours traités avec chaleur et humanité. Après la guerre, les six rescapés restèrent en contact avec ceux qui les avaient sauvés.

Le 16 novembre 1988, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Julien et Clémentine Caquineau le titre de Juste parmi les Nations.

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