Dossier n°4040

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Les Justes

Année de nomination : 1988
Jean Bourdelle
Année de nomination : 1988
Date de naissance : 06/04/1907
Date de décés : //
Profession : Conseiller juridique dans la firme Thomson

Localisation Ville : Paris (75001)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Jean Bourdelle, conseiller juridique auprès de la firme Thomson-Houston, habitait Paris. Dans sa déposition faite après la guerre, Simone Karfol rapporte qu’en 1940, lorsque ses parents s’enfuirent de Paris, ils confièrent leur affaire, une fabrique de lingerie et un magasin, « Lux-Lingerie », place de l’Opéra, à leur ami Jean Bourdelle. Sous couvert d’un jugement falsifié, il « aryanisa » l’affaire et continua à la faire fonctionner pendant l’occupation, employant du personnel juif et notamment Luce Pertzowsky, Pauline Portnoy et Hélène Wurmser. Luce Pertzowsky, témoignant après la guerre, raconta comment, en 1941, elle avait été renvoyée de son emploi de couturière du fait des lois raciales; Jean Bourdelle, qui connaissait fort bien ces lois, prit le risque de lui donner du travail à la fabrique. Peu avant les grandes rafles des Juifs de Paris de juillet 1942, Luce apprit que sa mère, sa soeur et elle avaient été dénoncées et étaient sur le point d’être arrêtées. Craignant de rentrer chez elles, elles demandèrent l’aide de Jean, qui non content de les cacher dans le magasin convainquit un autre employé de donner asile aux deux enfants de Luce. Les trois femmes réussirent à quitter Paris, à franchir la ligne de démarcation, et s’installèrent à Avignon. Jean Bourdelle prit soin des enfants jusqu’au mois de septembre, date à laquelle ils furent conduits chez leur mère avec l’assistance de la Croix-Rouge. Lors d’une descente de la Gestapo, un des employés de Bourdelle le dénonça. Il réussit à échapper à l’arrestation en soudoyant l’agent. Pour sa part, Pauline Portnoy, dans son témoignage, raconte comment lors des rafles de 1943 Jean Bourdelle la cacha dans son magasin, la sauvant ainsi de la déportation. Plus tard il expliqua que son père, professeur au Musée de Sciences Naturelles, lui avait inculqué le sens du devoir « de respecter la liberté de pensée des autres », et appris que la discrimination est « une notion injuste et insupportable. » Profondément convaincu, Jean Bourdelle risqua sa vie pour venir en aide aux Juifs persécutés sous l’occupation.

Le 26 décembre 1988, Yad Vashem a décerné à Jean Bourdelle le titre de Juste des Nations. 

Le témoignage

Le témoin, Luce Andrée PERTZOVSKY, née VORAZ, le 12/10/1909, avait été licenciée en 1941 de son emploi dans la couture en raison des lois raciales. M. Jean BOURDELLE, qui dirigeait les Ets Lux Lingerie, à Paris, a pris le risque de l’engager malgré les risques que cela représentait pour lui et sa famille. Plusieurs autres personnes juives travaillaient également chez lui.

En 1942, la Gestapo est venue arrêter la famille VORAZ. Il était donc impossible de réintégrer le domicile. M. BOURDELLE a permis à la mère, la soeur de Luce Andrée et à elle-même de se réfugier une nuit dans le magasin.

Il a aussi trouvé un hébergement pour les jumeaux (8 ans) de Luce.

Lorsque les femmes sont passées en zone libre, c’est encore lui qui a veillé sur les enfants et qui les a confiés à la Croix Rouge.

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