Dossier n°4100 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1989

John Charrière

Année de nomination : 1989
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Directeur d’un sanatorium

Juliette Charrière

Année de nomination : 1989
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : dirigeante d’un sanatorium

Localisation Ville : Saint-Jean-de-la-Porte (73250)
DĂ©partement : Savoie
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

John et Juliette Charrière, un couple qui avait cinq enfants, dirigeaient un sanatorium pour jeunes tuberculeux. L’Ă©tablissement Ă©tait situĂ© dans le Domaine du RĂ©al, Ă  Saint-Jean-de-la-Porte, en Savoie, non loin de ChambĂ©ry. En septembre 1940, un garçonnet juif de cinq ans, AriĂ© Reichelberg, arriva au sanatorium avec sa petite soeur. Leurs parents, des rĂ©fugiĂ©s polonais, avaient demandĂ© au couple de les cacher. John et Juliette, sachant que les enfants Ă©taient juifs, les prirent en charge immĂ©diatement. D’autres enfants juifs, prĂ©tendument malades, Ă©taient dĂ©ja abritĂ©s dans l’Ă©tablissement, tandis que des adultes juifs passaient pour des employĂ©s. Quand ils le pouvaient, les Reichelberg envoyaient un peu d’argent pour les frais d’entretien des deux petits. Toutefois, comme le raconta plus tard AriĂ©, ces sommes Ă©taient bien peu de chose Ă  cĂ´tĂ© de l’affection et de la chaleur dont John et Juliette l’entouraient, lui et sa petite soeur, ainsi que les autres enfants juifs. Les Charrière avaient donnĂ© de faux noms aux enfants pour les protĂ©ger, et avaient aussi procurĂ© de faux permis de travail aux adultes. Les Allemands faisaient de temps en temps des descentes au sanatorium pour rechercher des Juifs. Lors de l’une de ces opĂ©rations, un officier qui fouillait le bureau du directeur ouvrit un tiroir oĂą se trouvaient les papiers des Juifs. Mais, avant qu’il n’ait eu le temps de les regarder, la fillette de huit ans des Charrière, qui avait la rougeole, entra en courant dans la pièce; craignant la contagion, les Allemands s’en allèrent prĂ©cipitamment, nĂ©gligeant les documents. Les deux petits Reichelberg passèrent cinq ans au sanatorium; c’est grâce au courage et au dĂ©vouement de John et Juliette Charrière qu’ils survĂ©curent. Plus tard, cherchant Ă  dĂ©crire les grandes qualitĂ©s humaines du couple, AriĂ© Reichelberg cita l’auteur russe Vassili Grossman : « C’est la bontĂ© d’un soldat qui donne sa gourde Ă  un ennemi blessĂ©, la bontĂ© de la jeunesse qui a pitiĂ© de la vieillesse, la bontĂ© d’un paysan qui cache dans sa grange un vieillard juif; cette bontĂ© privĂ©e d’un individu est une bontĂ© sans tĂ©moin, sans idĂ©ologie. Elle est simple comme la vie. Sa force rĂ©side dans le silence du coeur de l’homme. »

Le 5 mars 1989, Yad Vashem a décerné à John et Juliette Charrière le titre de Juste des Nations.

 

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