Les Justes
Henriette Bordier
Année de nomination : 1989Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Employée de mairie, service chargé de délivrerles cartes d’alimentation
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire
Henriette Bordier travaille dans l’atelier de tricot de la famille Golicki, à Paris, au début de la Seconde Guerre mondiale. En juin 1940, lors de l’arrivée des troupes allemandes à Paris, les propriétaires juifs de l’atelier fuient vers la zone sud. Leur départ entraîne la fermeture de l’entreprise. Henriette parvient à sauver les machines et les meubles afin qu’ils ne tombent pas entre les mains des Allemands. Peu après, elle trouve du travail à la mairie, au service chargé de délivrer les cartes d’alimentation, instituées dès 1940 pour gérer le rationnement.
En juillet 1942, lors de la grande rafle du Vélodrome d’Hiver Henriette cache deux femmes juives polonaises qui avaient travaillé avec elle dans l’atelier : Régina Waisman, dont le mari est prisonnier de guerre, et Dora Kiefinger. Peu de temps après, Régina retourne chez elle pour récupérer quelques objets. Arrêtée en chemin, elle est conduite au Vel d’Hiv, où des milliers de Juifs arrêtés à Paris sont rassemblés avant leur déportation vers l’Est.
Apprenant son arrestation, Henriette Bordier se rend courageusement au Vel d’Hiv et tente d’obtenir sa libération. Ses efforts demeurent vains. Régina Waisman est déportée, probablement vers Auschwitz, où elle meurt. Henriette continue cependant à envoyer des colis de nourriture à son mari, toujours prisonnier de guerre.
Dora Kiefinger reste cachée chez Henriette jusqu’à la Libération de Paris en août 1944. Durant toute cette période, Henriette veille avec bonté à ses besoins. À sa demande, elle transporte aussi des colis de nourriture destinés aux détenus du camp de Saint-Denis, utilisant à cet effet des cartes d’alimentation qu’elle s’attribue illégalement pour les aider. Plus tard, Henriette Bordier rejoint la Résistance et, selon plusieurs témoignages, sauve encore d’autres Juifs.
Le 5 mars 1989, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, décerne à Henriette Bordier le titre de Juste parmi les Nations, en reconnaissance de son courage et de sa compassion durant l’Occupation.

