Dossier n°4200 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1989

Andrée Lemarchands

Année de nomination : 1989
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : mère de 2 enfants

Maurice Lemarchands

Année de nomination : 1989
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Entrepreneur

    Localisation Ville : Villedieu-les-Poêles (50800)
    Département : Manche
    Région : Normandie

    L'histoire

    Pendant l’Occupation, Maurice et Andrée Lemarchands sauvèrent la vie de Monique Krausz, une adolescente juive de quatorze ans venue se réfugier à Torigni-sur-Vire (Manche) avec ses parents. En avril 1941, son père fut arrêté et un an plus tard, fut déporté à Auschwitz. En octobre de la même année, Monique fut mise en pension dans une école située à une vingtaine de kilomètres. Rentrant chez elle un jour de novembre, elle trouva les scellés sur la porte. La concierge avait dénoncé sa mère aux Allemands, qui avaient arrêté Mme Krausz et mis les scellés. Des voisins dirent à Monique que les Allemands la cherchaient elle aussi; mais, craignant pour leur vie, ils l’abandonnèrent à son sort. Monique retourna au pensionnat et fit appel à la directrice, qui la conduisit elle-même à la gare et l’envoya chez ses cousins, Maurice et André Lemarchands, à Villedieu-les-Poêles, qui l’accueillirent chaleureusement. Leurs deux fils présentèrent l’adolescente comme une cousine. Les Lemarchands lui procurèrent de faux papiers grâce auxquels ils la mirent un peu plus tard en pension dans une école catholique. Un an plus tard, vers la fin de 1943, Monique interrompit ses études et revint chez eux. Ils l’accueillirent une nouvelle fois. Pourtant, le danger s’était accru, un officier allemand ayant réquisitionné une des pièces de leur maison. Monique Krausz vécut chez Maurice et Andrée Lemarchands jusqu’à la Libération. Ce n’est qu’alors qu’elle apprit que Maurice était le commandant des forces de la Résistance dans la région. Après la guerre, elle resta en relations avec ses sauveteurs de longues années durant.

    Le 29 avril 1989, Yad Vashem a décerné à Maurice et à Andrée Lemarchands le titre de Juste parmi les Nations.

    Le témoignage

    Maurice LEMARCHANDS
    En 1939, quand la guerre éclate, la famille Krausz  vit à Cherbourg (Manche). Les Krausz tiennent un petit commerce de vêtements sur les marchés en ville et autour de Cherbourg et sillonnent quotidiennement les petites villes avoisinantes. 

    Très rapidement, Cherbourg est bombardé par les allemands et la famille se réfugie dans le petit village de Thorigny-sur-Vire, près de Saint-Lô en Normandie. 

    En Avril 1941, Slavko Krausz, le père est arrêté comme citoyen d’origine yougoslave et interné à Compiègne. Il fut par la suite transféré à Drancy en 1942, d’où il fut déporté pour Auschwitz et ne reviendra pas. 

    En Octobre 1942, sa fille Monique 14 ans est placée comme interne dans un Collège de Saint-Lô, à une vingtaine de km de leur domicile. Klara Krausz, la mère, fut  arrêtée car la  propriétaire l’avait dénoncé et sera déportée à Auschwitz et ne reviendra pas. 

    Les voisins ne proposèrent pas leur aide à la petite fille désormais seule, par crainte de représailles. Elle alla à nouveau à Saint-Lô et, au collège, pour voir la principale qui l’envoya chez des cousins qui vivaient à Villedieu-les-Poëles, une petite ville située à une quarantaine de km. Ces cousins, Maurice & Andrée Lemarchands cachèrent la petite adolescente jusqu’à la fin de la guerre. 

    Maurice & Andrée Lemarchands avaient deux fils. Ils répondaient à tous les besoins de Monique, tant physiques que moraux et faisaient tout pour l’aider dans sa grande détresse. Ils lui procurèrent aussi de faux papiers : de Monique Krausz elle devient Monique Cros.

    Son lieu de naissance devint Dreux, une ville qui avait été bombardée en 1940 et dont la mairie avait été détruite, rendant toute vérification impossible. 

    A la fin de 1942 les Lemarchands l’envoient comme pensionnaire dans un Institut catholique à Antony en région parisienne, pour plus de sécurité. Seule la Mère Supérieure connaissait son origine juive.  Mais dès En Juillet 1943, elle retourne chez les Lemarchands jusqu’à la fin de la guerre. 

    SLAVKO KLARA Juin 1927 les parents de Monique Frankston

    Documents annexes

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    Articles annexes

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