Dossier n°4273A - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1989

Raoul Charvier

Année de nomination : 1989
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession :

Louise Charvier

Année de nomination : 1989
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Voreppe (38340)
Département : Isère
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

L'histoire

RĂ©gina Brauner vivait Ă  Paris avec ses parents, des Juifs polonais. En 1941 la famille se rĂ©fugia Ă  Grenoble. Les Brauner louèrent un appartement dans le faubourg de St. Martin d’Hyères. L’appartement d’au-dessus Ă©tait occupĂ© par Raoul et Berthe Pras, un couple sans enfants, qui se prit d’affection pour la petite RĂ©gina, alors âgĂ©e de cinq ans. Quelque temps plus tard, l’immeuble changea de propriĂ©taire et tous les locataires furent expulsĂ©s. Les Pras trouvèrent un nouveau logement au centre de Grenoble tandis que les Brauner restaient dans le mĂŞme quartier. Les rafles de Juifs se multipliant, les Pras offrirent de prendre RĂ©gina chez eux. Pourtant Raoul sortait Ă  peine de l’hĂ´pital après un grave accident du travail, oĂą il avait perdu une jambe. Sa femme et lui refusèrent toute rĂ©munĂ©ration, et c’est seulement sur l’insistance des Brauner qu’ils acceptèrent une petite somme pour l’entretien de l’enfant. Raoul et Berthe prĂ©sentèrent RĂ©gina comme leur nièce. En hĂ©bergeant une petite juive, ils couraient d’énormes dangers : la ville grouillait de mouchards et quiconque Ă©tait pris Ă  cacher des Juifs risquait l’arrestation et la dĂ©portation. Les Pras s’occupèrent de la petite avec le plus grand dĂ©vouement. Environ un an plus tard, en fĂ©vrier 1944, la population de la ville fut appelĂ©e Ă  se faire recenser, immeuble par immeuble. Il ne fallait pas que le nom de RĂ©gina Brauner figure sur la liste. Les Pras envoyèrent donc la fillette chez leurs cousins Louise Charvier et son mari, qui habitaient Ă  Chavallon de Vorrets (Isère), petit village isolĂ© dans les Alpes. Raoul et Berthe n’en abandonnèrent pas l’enfant pour autant. Ils vinrent la voir rĂ©gulièrement Ă  Chavallon, en lui apportant des nouvelles de ses parents restĂ©s Ă  Grenoble. Les liens tissĂ©s entre la petite fille et les Pras se maintinrent bien au-delĂ  de la guerre. De leur cĂ´tĂ©, les Charvier traitèrent la fillette avec affection et l’hĂ©bergèrent jusqu’Ă  la fin de l’Occupation sans chercher la moindre rĂ©munĂ©ration. Pourtant, lĂ  aussi, le risque de dĂ©nonciation Ă©tait toujours prĂ©sent.

Le 4 juin 1989, Yad Vashem a décerné à Raoul et Berthe Pras, à Monsieur Charvier et à sa femme Louise, le titre de Juste des Nations.

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