Dossier n°4421 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1989

Henriette Tracol Lannes

Année de nomination : 1989
Date de naissance : 12/11/1899
Date de décès : //
Profession : Traductrice

    Localisation Ville : Villemoisson-sur-Orge (91360)
    Département : Essonne
    Région : Île-de-France

    L'histoire

    Henriette Tracol habitait à Villemoisson sur Orge (Seine-et-Oise). Par son courage et sa générosité elle sauva la vie des membres la famille Sviadoc-Koushnir. Lorsque la guerre éclata, M. et Mme Koushnir, leur fils aîné marié et son épouse ainsi que leur second fils, âgé de seize ans, vivaient à Paris. Le 16 juillet 1942 des policiers français se présentèrent à leur domicile pour les arrêter. La concierge eut tout juste le temps de les cacher dans un appartement inoccupé. Ils y vécurent deux semaines. Le fils marié, qui était à l’hôpital où il venait de subir l’ablation d’un rein, réussit à sortir en secret et à rejoindre sa femme et sa famille. Le 8 août, un ami de la famille, un Juif qui habitait le même immeuble qu’Henriette Tracol, conduisit tous les Sviadoc-Koushnir dans son appartement de Villemoisson. Un peu plus tard, lui-même franchit la ligne de démarcation avec toute sa famille. Les Sviadoc-Koushnir ne purent le suivre, leur fils étant trop malade. En octobre, M. Sviadoc-Koushnir se rendit à son domicile parisien où devait l’attendre quelqu’un qui lui avait promis des cartes d’alimentation. Sans doute dénoncé par cette personne, il ne revint jamais. Les quatre membres de la famille se retrouvèrent seuls; l’aîné, malade, ne pouvait faire grand chose. C’est alors qu’Henriette Tracol vint à leur secours, leur assurant de son mieux logement et nourriture jusqu’à la Libération. Pendant de longs mois, elle n’en parla à personne; ce n’est que vers la fin qu’elle se confia à des amis sûrs. Après sa mort, sa fille déclara que si de son vivant sa mère avait appris « l’honneur qui lui échoit, elle aurait murmuré, dans un sourire : Nous sommes tous des justes en puissance. Il suffit de vouloir… » En sauvant les Sviadoc-Koushnir, Henriette Tracol mettait en danger sa propre famille. La contrée grouillait d’Allemands et de mouchards, et les fugitifs figuraient sur la liste des personnes à arrêter.

    Le 26 octobre 1989, Yad Vashem a décerné à Henriette Tracol le titre de Juste parmi les Nations. 

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