Dossier n°4592

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Les Justes

Année de nomination : 1990
Cyrille Argenti
Année de nomination : 1990
Date de naissance : 25/10/1918
Date de décés : 01/01/1994
Profession : Volontaire de l’OSE, après guerre prêtre de l’Eglise grecque orthodoxe

Localisation Ville : Marseille (13000)
Département : Bouches-du-Rhône
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Vers la fin de l’année 1942, avant même l’occupation du sud de la France par les Allemands, l’organisation juive OSE faisait office non seulement d’agence dispensant des soins médicaux et administrant des foyers pour enfants mais encore de réseau de sauvetage clandestin. Les dispensaires de l’OSE opéraient en toute légalité et disposaient d’une autorisation délivrée par la police. Ce qui ne les empêchait pas de fournir à certains de leurs « visiteurs » de faux papiers et de leur trouver des cachettes. Au début du mois de novembre 1943, Claude Spiero, un adolescent de 17 ans, se présenta avec sa mère au dispensaire OSE de Marseille. Les Spiero, des Juifs qui n’avaient pas la nationalité française, avaient été internés au camp des Milles comme des centaines d’autres Juifs qui s’étaient enfuis vers la zone alors non-occupée. Ayant réussi à s’échapper du camp, la mère et le fils devaient absolument se procurer des papiers et trouver une cachette. L’OSE leur fournit de faux papiers attestant de leur nationalité française et les adressa à Cyrille Argenti, alors âgé de 18 ans. Ce volontaire de l’OSE se chargeait d’escorter des Juifs de Marseille vers des villages où se trouvaient des personnes ou des institutions prêts à les « adopter ». Cyrille Argenti était persuadé qu’il était de son devoir, en tant que fervent chrétien comme simplement d’être humain, de venir en aide à ceux qui étaient persécutés. La tâche de Cyrille était de conduire Claude et sa mère au Chambon-sur-Lignon et de les confier au pasteur protestant, André Trocmé (q.v), dirigeant spirituel des communautés de la région, qui avait pris l’initiative des opérations de sauvetage au sein de sa communauté. La mission d’Argenti était des plus dangereuses car la gare de Marseille, et les trains qui en partaient, étaient étroitement surveillé. La Gestapo recherchait les Juifs jour et nuit, et toute personne prise sur le fait d’aider des Juifs risquait la déportation avec eux. Le jeune homme ne se contenta pourtant pas d’accompagner les deux Spiero en train de Marseille à Voult-sur-Rhône, petite localité au bord du fleuve à 180 kilomètres environ au nord de Marseille. Ils y passèrent la nuit dans la salle d’attente de la gare à attendre le train qui les conduirait au Chambon, à environ cinquante kilomètres au nord-ouest. Ayant franchi les contrôles d’identité, ils arrivèrent sains et saufs à destination. Ce n’était pas encore fini : sur les recommandations du pasteur Trocmé, Cyrille Argenti escorta ses protégés jusqu’à un village situé à proximité. Ce n’est qu’ensuite qu’il retourna à Marseille. Après la guerre, Cyrille Argenti fut ordonné prêtre de l’église grecque orthodoxe et nommé professeur de théologie.

Le 1er mars 1990, Yad Vashem a décerné au Père Cyrille Argenti le titre de Juste des Nations. 

Père Cyrille ARGENTI, à gauche

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