Dossier n°4621 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Jules Boussard

Année de nomination : 1990
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : agriculteur

Marie Boussard

Année de nomination : 1990
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : agricultrice

Localisation Ville : Mansigné (72510)
Département : Sarthe
Région : Pays-de-la-Loire

L'histoire

Marie et Jules Boussard

La famille Boussard vivait dans une ferme à Mansigné (Sarthe). Le 15 février 1943, ils accueillirent quatre frères et soeurs juifs, Charles Fechtenbaum, âgé de deux ans et demi; Marcel, trois ans et demi; Albert, sept ans et Cécile, dix ans. Albert et Cécile étaient déjà venus passer des vacances à Mansigné en 1939. Cette fois ci, c’était différent. Leur père avait été déporté et leur maman, qui n’arrivait pas à trouver du travail et qui avait quatre bouches à nourrir, avait demandé l’aide des Boussard. Ces derniers, qui avaient eux mêmes une fille de treize ans, avaient accepté. Toutefois, incapables de s’occuper de cinq enfants, ils décidèrent d’envoyer le petit Marcel chez la sœur de Marie Broussard, à environ sept kilomètres de Mansigné, tandis qu’Albert fut placé dans une autre ferme de la localité. Ainsi, bien que ne vivant pas sous le même toit, les enfants n’étaient pas loin les uns des autres. Un peu plus tard, Madame Fechtenbaum fit encore appel à la générosité des Boussard. Il s’agissait cette fois de Maria Blum, sa nièce de treize ans. La mère et le frère de l’enfant avaient été déportés et son père était prisonnier de guerre en Allemagne. La fillette avait été placée dans une famille qui lui assurait le gîte et le couvert contre des travaux de nettoyage, mais le chef de famille avait tenté à plusieurs reprises d’abuser de l’enfant sans défense. Jules et Marie Boussard acceptèrent. Les enfants furent tous bien traités. Ils fréquentaient l’école du village, qui était à deux pas. Marie avait obtenu des cartes d’alimentation pour chacun d’eux grâce au maire. Ce dernier encourageait ces activités et prévenait les Boussard chaque fois que les Allemands arrivaient dans la région. Les enfants étaient alors immédiatement conduits, en charrette, chez des parents des Boussard qui habitaient à une vingtaine de kilomètres. Ils y restaient plusieurs jours, jusqu’à ce que le danger soit écarté. Cécile et Marcel avaient appris à appeler Marie et Jules « maman » et « papa ». Dans son témoignage après la guerre, Cécile raconte que lorsque son grand-père et sa grand-mère vinrent les chercher pour les ramener chez eux à la Libération, le petit Charles ne voulait pas quitter ses parents d’accueil. Quant à Maria Blum, elle écrivit : « Ils m’ont donné tout l’amour dont j’étais privée par la déportation de ma mère et de mon frère et l’absence de mon père, prisonnier de guerre. »

Le 28 mars 1990, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Jules et Marie Boussard le titre de Juste parmi les Nations.

Documents annexes

Article de presse - Le Maine Libre du 17/11/1991 Article de presse – Le Maine Libre du 17/11/1991
Invitation cérémonie Invitation cérémonie



Mis à jour il y a 10 mois.