Dossier n°4634 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Thérèse Girard

Année de nomination : 1990
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession :

Valentin Girard

Année de nomination : 1990
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : secrétaire de mairie
    Localisation Ville : Grenoble (38000)
    Département : Isère
    Région : Auvergne-Rhône-Alpes

    L'histoire

    Valentin et Thérèse Girard vivaient à Fontaine, près de Grenoble. En novembre 1942 ce secteur passa sous contrôle italien. De nombreux Juifs s’y précipitèrent alors pour échapper à l’arrestation et la déportation dans les zones contrôlées par les Allemands. Leur situation devint tragique lorsque, en septembre 1943, l’Italie ayant capitulé devant les troupes alliées, les Allemands occupèrent la région. Des milliers de Juifs furent déportés; les autres durent se cacher. Le couple Girard sauva quatre membres de la famille Zylberman de l’arrestation et de la déportation, et secourut également de nombreux autres Juifs. Avant la guerre, les Zylberman, qui étaient citoyens français, vivaient à Paris. Lorsque commencèrent, en juillet 1942, les grandes rafles des Juifs dans la capitale, ils s’enfuirent pour s’installer d’abord à Lyon, puis à St. Etienne. Lorsque les Allemands envahirent la zone sud en novembre de la même année, la famille se réfugia à Grenoble, alors occupée par les Italiens. En août 1943, après la chute de Mussolini, les Zylberman comprirent que le temps était venu de se cacher. C’est ainsi qu’ils arrivèrent à Fontaine et firent la connaissance de Valentin et Thérèse Girard, qui se déclarèrent prêts à les aider. Valentin était le secrétaire de mairie. Il prévint les nouveaux venus d’éviter la mairie et ses environs, car l’adjoint au maire était un collaborateur notoire. Les Girard fournirent aux Zylberman de faux papiers et des cartes d’alimentation et leur trouvèrent de nouvelles cachettes quand leur abri actuel devenait périlleux. Par là, ils prenaient d’énormes risques car la ville ne comptait que trop de collaborateurs, de fascistes et de mouchards, toujours à l’affût des Juifs ou des résistants. Un jour, la milice arrêta dans la rue le jeune Charles Zylberman, âgé de quatorze ans, qui s’apprêtait à rendre visite à ses parents. Les miliciens découvrirent qu’il était Juif, l’emmenèrent dans une salle pleine de gens en instance de déportation. Charles réussit à s’en échapper au cours de la nuit et se rendit chez les Girard. A cette époque, les Allemands menaçaient de brûler ou faire sauter les maisons de ceux qui donnaient asile à des Juifs. Malgré le danger, Valentin et Thérèse Girard accueillirent l’adolescent, le réconfortèrent et lui donnèrent à manger. Puis, pour assurer la sécurité de la famille, il fut décidé de la disperser. Les parents furent envoyés dans la montagne, en un lieu solidement tenu par le maquis. Le fils et la fille reçurent de nouveaux papiers et furent dirigés, l’une à Romans dans la Drôme et l’autre vers un orphelinat de l’Etat à Crest, dans le même département. C’est ainsi que tous les quatre réussirent à tenir jusqu’à la libération de la région, fin août 1944. Un mois plus tard, parents et enfants étaient réunis à Grenoble. M. Zylberman, qui était antiquaire avant la guerre, avait confié plusieurs objets précieux aux Girard, qui les lui restituèrent intacts à la Libération. Le couple courageux avait aidé d’autres Juifs pourchassés en leur fournissant de faux-papiers, des cartes d’alimentation, et en leur trouvant des cachettes, sans jamais demander de contrepartie. Après la guerre, la famille Zylberman resta très liée avec ses sauveteurs.

    Le 12 septembre 1990, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Valentin et Thérèse Girard le titre de Juste parmi les Nations.