Dossier n°4670 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Manuel Darrac

Année de nomination : 1990
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Secrétaire de mairie

Localisation Ville : Moissac (82200)
Département : Tarn-et-Garonne
Région : Occitanie

L'histoire

Manuel Darrac

Manuel Darrac était secrétaire de mairie à Moissac, petite ville du Tarn-et-Garonne connue pour ses superbes vignobles. Les scouts juifs (EIF) y avaient un centre qui comportait aussi un pensionnat abritant plus d’une centaine d’enfants. Dirigé par les époux Simon, le centre hébergeait également une équipe de dix enseignants juifs. En août 1942, lorsque les autorités de Vichy commencèrent à rafler les juifs pour les livrer aux Allemands, tous les occupants du centre se trouvèrent en grand péril. Aidé par Alice Pelous (q.v), son assistante à la mairie, Manuel Darrac se hâta de fournir à tous les enfants du pensionnat de faux papiers et des cartes d’alimentation à leurs noms d’emprunt. Puis il fit de même pour l’équipe enseignante, à laquelle il délivra également des permis de séjour. Pour ce faire, Manuel Darrac avait eu recours aux bons offices de La Sixième, le réseau clandestin du scoutisme juif, qui lui procura des dizaines de faux papiers. Le secrétaire de mairie et Alice Pelous y apposaient d’authentiques cachets. Malgré le danger grandissant, Darrac poursuivit son oeuvre de salut même lorsque les Allemands eurent occupé la zone sud et arrivèrent à Moissac. Cependant, lorsque la Gestapo effectua une descente à la mairie en 1944, il comprit qu’il devenait urgent d’agir pour sauver les occupants du centre. Il se précipita chez les Simon et leur conseilla de disperser rapidement les enfants et de les répartir aux différentes adresses qu’il leur avait apportées. Ce qui fut fait : en un temps record tous les pensionnaires furent cachés dans les familles d’accueil.

Le 24 juin 1990, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Manuel Darrac le titre de Juste parmi les Nations. 




Mis à jour il y a 12 mois.