Dossier n°4747

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Les Justes

Année de nomination : 1990
André Bastian
Année de nomination : 1990
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : propriétaire d’une fabrique de placards

Suzanne Bastian Boclet
Année de nomination : 1990
Date de naissance : 25/08/1922
Date de décés : //
Profession : secrétaire dans une fabrique de meubles, propriétaire d’une fabrique de placards

Suzanne Boclet
Année de nomination : 1990
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Propriétaire d’une fabrique de placards

Localisation Ville : Paris (75011)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


La famille Segal, des réfugiés juifs qui vivaient à Paris, fut prévenue de la grande rafle du 16 juillet 1942 peu de temps avant son déclenchement. Conscients du danger, ils cherchèrent en catastrophe une cachette et firent appel à Suzanne Boclet, qui avait été secrétaire dans la fabrique de meubles de M. Segal. Malgré les grands risques qu’elle courait, Suzanne donna asile aux Segal dans un grenier secret, dissimulé dans la fabrique de placards qu’elle possédait avec sa mère, Mme Boclet. Personne ne fut mis au courant. Lorsque Suzanne se fiança avec André Bastian, elle lui révéla le secret et il accepta de participer à l’opération de sauvetage, malgré le danger. La famille Segal, qui comptait quatre personnes – le père, la mère et les deux filles âgées de onze et seize ans – resta cachée pendant deux longues années dans le grenier de la fabrique Boclet. Le récit de la façon dont ils ont survécu rappelle les descriptions faites par Anne Frank dans son journal. Les Segal se débrouillaient seuls la plupart du temps, mais quand la situation était particulièrement dangereuse, Suzanne cueillait des légumes dans son jardin et montait au grenier des paniers de provision bien remplis. Des liens d’amitié étroits se tissèrent entre les réfugiés et leurs sauveurs; ils restèrent en contact pendant de nombreuses années après la guerre. On apprit plus tard que les Bastian avaient aussi aidé une famille de Juifs turcs pendant l’Occupation. Leurs actions courageuses avaient été motivées par des considérations humanitaires et avaient été entreprises sans aucune contrepartie matérielle.

Le 1er octobre 1990, Yad Vashem a décerné à Suzanne Bastian, sa mère Madame Boclet et son mari André Bastian, le titre de Juste des Nations.

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