Dossier n°4826

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Les Justes

Année de nomination : 1991
Marguerite Pagès Hugel
Année de nomination : 1991
Date de naissance : 06/08/1912
Date de décés : 13/01/2011
Profession : Institutrice à l’école du village

Localisation Ville : Essey-et-Maizerais (54470)
Département : Meurthe-et-Moselle
Région : Grand-Est


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

La famille Lustig habitait Nancy. Les parents étaient des Juifs étrangers mais leurs quatre filles, nées en France, étaient de nationalité française. Pendant l’Occupation, les Lustig se réfugièrent à Pont-à-Mousson dans l’espoir d’échapper à la déportation. Mais le 19 juillet 1942, les gendarmes français procédèrent à l’arrestation massive des Juifs étrangers de la région. Comme les autres victimes, Monsieur et Madame Lustig furent livrés aux Allemands qui les déportèrent. Les quatre soeurs se retrouvèrent seules au monde. Une amie française de la famille vint s’installer chez elles pour s’en occuper. Mais, au mois de mars 1944, l’officier qui avait arrêté leurs parents deux ans plus tôt vint à leur domicile les prévenir qu’une grande rafle des Juifs était imminente et leur conseilla de se cacher immédiatement. Elles vécurent un certain temps chez Marie Grosse (q.v.), puis celle-ci les envoya au village voisin d’Essey-les-Maizerais où elles furent hébergées par Marguerite Pagès. Institutrice à l’école du village, la jeune femme avait accepté de s’occuper des fillettes à la demande du père Roger Ledain (q.v.), qui dirigeait le réseau local de la Résistance. Toutefois, elles ne pouvaient rester toutes les quatre à son domicile. Le prêtre leur trouva de nouvelles cachettes, en changeant chaque fois que le danger menaçait : c’est ainsi que Lili connut sept familles d’accueil en trois mois. Marguerite Pagès garda auprès d’elle la plus jeune soeur, Monique, jusqu’à la Libération. L’institutrice ne chercha jamais la moindre contrepartie pour sa généreuse conduite, qui aurait pu lui coûter la vie : dans ce petit village où tout le monde se connaissait, elle risquait d’être dénoncée à tout moment.

Le 2 janvier 1991, Yad Vashem a décerné à Marguerite Pagès le titre de Juste parmi les Nations. 

 

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