Dossier n°4872 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1991

Camille Folliet

Année de nomination : 1991
Date de naissance : 28/03/1908
Date de décés : 09/04/1945
Profession : PrĂŞtre

Johanny Folliet

Année de nomination : 1991
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Commerçant

Localisation Ville : Annecy (74000)
DĂ©partement : Haute-Savoie
RĂ©gion : Auvergne-RhĂ´ne-Alpes

Personnes sauvées

L'histoire

L’abbĂ© Camille Folliet vivait Ă  Annecy, en Haute Savoie. Il s’opposait vigoureusement Ă  la lĂ©gislation anti-juive de Vichy. De novembre 1942 Ă  septembre 1943, la rĂ©gion d’Annecy, alors sous le contrĂ´le des Italiens qui se montraient plus libĂ©raux, attira de nombreux Juifs. Les Schiffman, qui avaient fui Berlin avec leurs deux filles avant la guerre pour s’installer en France, Ă©taient arrivĂ©s Ă  Annecy en septembre 1942 pour tenter de passer en Suisse. Comme beaucoup d’autres Juifs, ils se rendirent Ă  l’Ă©glise demander une aide Ă  l’abbĂ© Folliet. Ce dernier, après avoir Ă©chouĂ© par deux fois Ă  leur faire franchir la frontière, les conduisit chez son père Johanny qui les hĂ©bergea jusqu’Ă  ce qu’une autre cachette ait Ă©tĂ© trouvĂ©e. Jenny Schiffman aidait aux travaux du mĂ©nage et s’occupait des enfants de Johanny Folliet; ses parents et sa petite soeur ne sortaient jamais de leur chambre. Pour aider son père, qui Ă©tait horloger, Ă  gagner sa vie, elle lui cherchait des montres Ă  rĂ©parer. Avec l’abbĂ© Camille, la jeune fille se chargeait aussi de faire parvenir Ă  de jeunes rĂ©sistants des cartes d’alimentation et du pain. Dans son tĂ©moignage, elle souligne que le religieux aida de nombreux Juifs Ă  passer la frontière suisse. MalgrĂ© le danger, les Schiffman se sentaient en sĂ©curitĂ© chez les parents du prĂŞtre. Celui-ci continuait Ă  s’occuper d’eux, sans jamais chercher Ă  les convertir. Jeanne Brousse (q.v), fonctionnaire Ă  la prĂ©fecture d’Annecy, qui avait la plus grande admiration pour le patriotisme et le courage du prĂŞtre rĂ©sistant, lui fournissait les formulaires nĂ©cessaires Ă  la fabrication des faux papiers pour les rĂ©fugiĂ©s juifs. Les activitĂ©s du père Camille finirent par attirer l’attention. En juin 1943, sur dĂ©nonciation d’un mouchard l’accusant de faire de la rĂ©sistance et d’aider les Juifs, il fut arrĂŞtĂ© par les forces italiennes d’occupation et condamnĂ© Ă  dix ans de prison. EnvoyĂ© dans un camp italien, il en fut libĂ©rĂ© en mai 1944. A peine rentrĂ© Ă  Paris, il reprit contact avec la clandestinitĂ©. Après la LibĂ©ration, il s’engagea dans l’armĂ©e française et mourut au combat contre les Allemands en avril 1945. Jenny Schiffman et son père vinrent s’incliner sur sa tombe et gardèrent le contact avec le reste de sa famille.

Le 3 juin 1991, Yad Vashem a décerné au père Camille Folliet et à son père Johanny Folliet, le titre de Juste parmi les Nations.

Abbé Camille FOLLIET

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