Dossier n°4965

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Les Justes

Année de nomination : 1991
Catherine Androulakis
Année de nomination : 1991
Date de naissance : 21/05/1907
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Paris (75010)
Département : Paris
Région : Île-de-France

Lieu de mémoire

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Cette jeune femme d’origine grecque ouvrit son foyer à une jeune couturière juive et ses deux neveux, restés seuls durant l’occupation. En 1943, Catherine Androulakis, alors âgée d’une trentaine d’années, vivait avec son mari dans un petit appartement dans le dixième arrondissement à Paris. Elle faisait faire ses robes par Eti Starosta, une couturière dont le mari, mobilisé, avait été fait prisonnier de guerre par les Allemands. Dans la nuit du 18 mars 1943, des Allemands accompagnés par des policiers français se présentèrent au 76 de la rue Diderot. Arrivés à l’appartement de la famille Itic, ils arrêtèrent le père, Michel, et la mère, Suzanne, sœur d’Eti Starosta. Toutefois, sensibles aux supplications de la maman et mus par un sentiment de compassion, les gendarmes ne prirent pas les deux enfants, deux adolescents de 13 et 15 ans.

Eti Starosta habitait le même immeuble. Son nom figurait aussi sur la liste des Juifs à arrêter cette nuit là pour être déportés. Lorsque les policiers frappèrent à sa porte, elle se tint coite, attendant avec terreur ce qui allait se produire. Elle eut de la chance; ils passèrent leur chemin. Toutefois elle apprit qu’ils avaient interrogé le concierge et qu’ils comptaient bien revenir le lendemain. Eti courut à l’appartement de sa sœur et demanda à son neveu d’aller prévenir son amie française, Catherine Androulakis. Catherine vint immédiatement, dit aux garçons ce qu’il fallait faire et emmena Eti chez elle, lui permettant ainsi de ne pas être arrêtée le lendemain. La jeune couturière resta un mois durant dans le minuscule appartement des Androulakis, dormant avec eux dans le lit unique. Catherine trouva à Eti des clients parmi ses connaissances. Lorsque couture et confection lui eurent assuré un petit pécule, Catherine Androulakis lui procura un petit appartement. Elle réussit à obtenir une fausse carte d’identité auprès d’un ami grec, un docteur connu et respecté. Eti Starosta pouvait ainsi circuler librement dans Paris. Vint le jour où les deux femmes entendirent courir le bruit que les deux neveux d’Eti étaient sur le point d’être arrêtés. Catherine Androulakis alla les chercher et les conduisit chez elle. Puis, l’appartement étant trop petit, elle réussit à placer le plus jeune dans une institution pour enfants; tandis que l’aîné fut recueilli par sa tante Eti, partageant son nouvel appartement. Catherine et Eti devinrent de grandes amies.

Le 25 septembre 1991, Yad Vashem a décerné  àCatherine Androulakis le titre de Juste des Nations.

 

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