Léon Balland
Année de nomination : 1992
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Employé du Home d’enfants « les feux follets »

Localisation Ville : Saint-Cergues (74140)
Département : Haute-Savoie
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire

Cérémonies



    Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


    L'histoire


    Alain Balland

    En 1942, Léon Balland, alors âgé de dix-neuf ans, vivait chez ses parents à Saint Cerges, petite localité sur les pentes des Alpes françaises non loin de la frontière suisse. « Les Feux Follets », un foyer pour enfants sous le patronage de la Croix-rouge suisse, était situé sur une terrasse montagneuse dans la même localité. L’établissement était dirigé par Germaine Homel (q.v); Renée Farny en était la directrice adjointe et Marthe Bouvard (q.v) était chargée de la lingerie. Au mépris des instructions de la Croix-rouge, et à l’insu de cette organisation, toutes les trois utilisaient le foyer pour sauver des enfants juifs. Certains responsables d’un autre home d’enfants le Château de Hille, dans l’Ariège, avaient entrepris de faire passer clandestinement la frontière suisse à leurs jeunes pensionnaires avec l’aide du personnel des Feux Follets. Les enfants de La Hille étaient juifs; la gendarmerie française s’apprêtait à arrêter ceux d’entre eux qui avaient quinze ans ou plus. D’où la nécessité de les arracher au danger. Des « excursions » aux Feux Follets étaient organisées; les enfants y passaient la nuit puis, au matin, partaient « se promener » avec les pensionnaires des Feux Follets… le long de la frontière suisse. Certes, les militaires suisses patrouillaient sur la frontière – délimitée par des barbelés – mais Léon Balland connaissait l’endroit précis où il était possible de faire passer les jeunes. Grâce à sa connaissance du terrain, il menait les enfants juifs dans une zone boisée et les aidait à franchir les barbelés. L’une des fillettes, Liselotte Nussbaum, fut rattrapée par les gardes suisses qui la renvoyèrent du côté français; un peu plus tard, Balland lui fit repasser la frontière – sans encombre. A titre de précaution, on ne disait pas aux enfants le nom des sauveteurs qui risquaient leur vie pour leur venir en aide. A partir du 9 septembre 1943, date à laquelle la région fut occupée par les Allemands, leurs patrouilles surveillèrent la frontière de jour comme de nuit. Un peu plus tard la même année, Balland fut convoqué par le STO et dut se cacher. Renée Farny et Marthe Bouvard prirent sa place et continuèrent à aider les Juifs à passer la frontière clandestinement.

    Le 19 mai 1992, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Léon Balland le titre de Juste parmi les Nations.




    Mis à jour il y a 10 mois.