Dossier n°5358 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1992

Lucien Berdase

Année de nomination : 1992
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Officier supérieur dans l’armée française, responsable du bureau militaire du bureau de Limoges

    Localisation Ville : Limoges (87000)
    Département : Haute-Vienne
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    L'histoire

    Lucien Berdase, officier supérieur dans l’armée française, était responsable du bureau militaire de la municipalité de Limoges, en zone non occupée. Vers cette ville se dirigeaient des milliers de Juifs fuyant l’Alsace-Lorraine annexée par les Allemands. Pendant toute la période de l’Occupation, Berdase s’employa à contrer la législation anti-juive de Vichy. Ayant accès aux documents officiels, il pouvait saboter les données du recensement des Juifs. En modifiant état de santé, état civil ou situation familiale, il sauva de nombreux Juifs de la déportation. Henriette Dorat, qui travaillait dans le bureau de Berdase où elle était chargée de délivrer des attestations et des cartes d’alimentation, déclara dans la déposition qu’elle fit après la guerre que son patron lui avait donné pour instruction de lui remettre tout dossier douteux concernant des hommes juifs. Lucien Berdase, sans s’inquiéter des risques énormes qu’il prenait, dérobait des papiers, des autorisations de transit, des cartes d’alimentation, puis y apposait sa signature et les donnait à des Juifs. Il facilita des mariages entre hommes juifs et femmes françaises, pour permettre aux premiers d’obtenir la nationalité française. Chaque fois qu’il le pouvait, il prévenait les Juifs quand une rafle était imminente. A partir de décembre 1942, Lucien Berdasefut chargé, en vertu de ses fonctions, de collecter les armes détenues par des particuliers. Il les transmit ensuite aux mouvements clandestins de résistance. Il trouva aussi des « planques » à plusieurs artistes juifs recherchés par la Gestapo. Il savait que nombre de français courageux qui travaillaient avec lui avaient été exécutés pour avoir aidé des Juifs, mais ne renonça pas à son action de sauvetage. Ainsi, par exemple, il sauva la vie de Norbert Lehr et de ses parents. Norbert Lehr était né en 1940 d’un père juif polonais et d’une mère chrétienne française. Or, à partir de 1942 les autorités décidèrent d’arrêter également les enfants de foyers mixtes. Berdase procura de faux papiers aux Lehr et les aida à se constituer une généalogie de pure invention, afin que les faux aient l’air plus authentiques. De même, il aida les Gorodecki et leur fille ainsi que beaucoup d’autres Juifs dont la trace a été perdue.

    Le 6 juillet 1992, Yad Vashem a décerné à Lucien Berdase le titre de Juste des Nations.

     

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