Dossier n°5577A

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Les Justes

Année de nomination : 1993
Marcel Bernadac
Année de nomination : 1993
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Ingénieur pour la municipalité

Localisation Ville : Bordeaux (33000)
Département : Gironde
Région : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées

Lieu porteur de mémoire



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

La famille Rosenzweig – des Juifs originaires de Pologne et leurs deux fils, Marc et Jean, nés en 1929 et 1933 ainsi que la tante des enfants – avait été évacuée de Metz (Moselle) en septembre 1939, avec l’ensemble de la population civile. Après avoir trouvé asile en différentes localités, les Rosenzweig arrivèrent à Bordeaux en novembre 1941 et louèrent un appartement. Ils avaient pour voisins les Bernadac. Ingénieur, Marcel Bernadac travaillait pour la municipalité; ses deux fils étaient de l’âge des jeunes Rosenzweig. C’est dans un abri anti-aérien, pendant les bombardements alliés, que les deux familles firent connaissance; leurs enfants, qui fréquentaient la même école, devinrent amis. Fervent patriote, Marcel Bernadac écoutait chaque soir les nouvelles de radio Londres; Max Rosenzweig se joignait régulièrement à lui, trouvant un peu d’espoir dans ces émissions et dans la sympathie manifestée par son voisin français. En juin 1944, à la fin de l’année scolaire, Marc et Jean furent envoyés passer leurs vacances dans un village de Charente. Quelques jours plus tard, Mueller, un agent de la Gestapo, sonna à la porte des Bernada, à Bordeaux : il venait, disait-il vérifier des rumeurs sur la présence de certaines personnes qu’on aurait vues dans l’un des appartements. Ignorant quel était l’appartement occupé par les Rozenzweig, il demanda où habitait « le blond aux yeux bleus ». Comprenant qu’il s’agissait de Max, Marcel Bernadac répondit qu’il s’agissait sans doute d’une erreur, aucun des locataires ne correspondant à cette description dans l’immeuble. Dès que l’agent de la Gestapo fut sorti de la maison, Marcel Bernadac se précipita chez ses voisins et les adjura de se sauver sans retard. Les Rosenzweig et la tante partirent précipitamment sans prendre le temps d’emporter quoi que ce soit. Peu après, un camion de la Gestapo s’arrêta devant l’immeuble et des agents en descendirent. Les voisins déclarèrent tout ignorer des locataires de l’appartement désert. Bernadac avait donc réussi, en risquant sa vie et celle des siens, à empêcher l’arrestation des Rosenzweig; ces derniers purent se réfugier dans le village où étaient hébergés leurs enfants. Les deux familles restèrent en contact pendant de nombreuses années après la guerre, même lorsque les enfants Rosenzweig furent partis vivre en Israël.

Le 2 juin 1993, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Marcel Bernadac le titre de Juste parmi les Nations.

Max Rosenzweig dirigeant une chorale  à Thionville dans les années 50. source photo : Arch. fam. crédit photo : D.R

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