Dossier n°5638

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Les Justes

Année de nomination : 1993
Jeanne-Francoise Zufferey
Année de nomination : 1993
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Religieuse, infirmière à l’hospice de veillards

Localisation Ville : Villefranche-de-Rouergue (12200)
Département : Aveyron
Région : Occitanie

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Soeur Jeanne-Françoise Zufferey, religieuse au couvent de Villefranche sur Rouergue (Aveyron), était affectée avec une dizaine d’autres soeurs à l’hospice de vieillards de Ruhle, et en assumait la direction. Pendant l’Occupation cet hospice hébergea, en les cachant parmi les pensionnaires âgés, vingt-quatre Juifs, dont quatre adolescentes de 15 et 16 ans. Vers la fin de 1943, l’organisation juive OSE, qui abritait de nombreux enfants dans ses homes, commença à les disperser pour les soustraire aux Allemands qui occupaient désormais toute la France. Elle envoya à Ruhle Ilse Bodenheimer, Annie Fischer, Lotte Michel et Gisela Edel. Elles y vécurent dix mois. En juillet 1944 des clandestins du réseau « Armée juive » vinrent les chercher pour les conduire à Toulouse, d’où elles purent passer en Espagne. Pendant leur séjour à Ruhle, les adolescentes travaillaient à la cuisine et à la blanchisserie, nourrissaient les cochons ou s’occupaient du jardin potager, et même coupaient du bois. C’était une vie rude, dans l’austérité et les privations. Mais, dès leur arrivée, soeur Jeanne aidait les adolescentes à surmonter les difficultés. Elles étaient logées dans une grande chambre où dormait aussi la religieuse, séparée d’elles par un rideau. Par respect pour leur foi, soeur Jeanne leur accordait le repose du samedi et s’abstenait elle aussi de travailler ce jour-là. Le dimanche, les jeunes ne travaillaient pas non plus, mais elles devaient aller à la messe. Soeur Jeanne-Françoise trouvait le temps de les emmener en promenade et leur apprit des cantiques pour leur permettre de chanter en chorale. Mais elle n’exerça jamais la moindre pression pour tenter de convertir les quatre jeunes filles, et leur facilita la célébration des fêtes juives. Le seul problème était la Pâque juive: le pain était un élément essentiel de l’alimentation à l’hospice et aucun produit de substitution n’était disponible. Sitôt qu’elle voyait approcher des gendarmes français ou des policiers allemands, la religieuse courait prévenir les adolescentes et les envoyait se cacher dans la forêt voisine. Après la Libération les quatre jeunes filles n’oublièrent pas celle qui les avait aidées quand leur vie était menacée et restèrent en relations avec elle. Pour sa part, soeur Jeanne-Françoise leur rendit visite en Israël et entretint avec elles une correspondance régulière.

Le 24 février 1993, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à soeur Jeanne-Françoise Zufferey le titre de Juste parmi les Nations. 

Soeur Jeanne-Françoise (au centre)

Soeur Jeanne-Françoise (à droite)

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