Dossier n°5853 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1993

Ernest Holzapfel

Année de nomination : 1993
Date de naissance : 31/10/1914
Date de décés : 21/12/2001
Profession : Etudiant en médecine

Localisation Ville : Lyon (69000)
Département : Rhône
Région : Auvergne-Rhône-Alpes

L'histoire

Ernest HOLZAPFEL
C’est en septembre 1942 que Claude Blum, le fils de Frédéric et Charlotte Blum, des Juifs allemands réfugiés à Paris depuis les années trente, arriva au foyer d’Ernest Holzapfel et de sa femme Magdeleine Frimat-Holzapfel (q.v.), à Lyon. Le garçonnet, qui avait quatre ans, avait été arrêté avec sa mère à la gare de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) alors qu’ils tentaient de franchir la ligne de démarcation pour passer en zone libre. Ils cherchaient à se rendre à Lyon, où Frédéric les rejoindrait plus tard. Charlotte Blum fut déportée à Auschwitz. Après de nombreuses vicissitudes, Claude put être emmené à Lyon chez la bienfaitrice de son père, Augustine Clerc. La nièce de celle-ci, Magdeleine Frimat-Holzapfel, proposa alors d’héberger celui qu’elle appela affectueusement « Petit Claude ». Cette dernière et son époux étaient tous deux étudiants en médecine. Ernest, opposant à Hitler et réfugié politique allemand en France, s’était engagé d’abord dans la Légion étrangère, puis dans les FFI aux côtés du Général de Gaulle. Dès qu’il y avait des rafles à Lyon, ville où sévissaient Klaus Barbie et Paul Touvier, Magdeleine, Ernest et Petit Claude partaient se réfugier à la campagne, chez les grands-parents de Magdeleine. Dans ses témoignages après la guerre, Claude parle de ses trois années passées dans la famille Holzapfel comme d’une période heureuse où il vécut entouré d’amour. Ses parents adoptifs l’avaient inscrit à l’école et chez les louveteaux, mais Magdeleine ne lui imposa jamais sa religion catholique. A la fin de la guerre, en août 1945, la grand-mère de l’enfant vint brusquement le chercher pour l’emmener avec elle en Palestine. Son départ fut déchirant. Le contact se perdit entre les deux familles, jusqu’au jour où l’une des filles de Magdeleine et Ernest, qui avait beaucoup entendu parler de Petit Claude sauvé par ses parents, fit des recherches. Ainsi, il fallut presque cinquante ans pour que sauveurs et sauvé se retrouvent enfin, dans d’émouvantes retrouvailles.

 Le 27 octobre 1993, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné au Dr Ernest Holzapfel le titre de Juste parmi les Nations.

 

En juin 1945, Claude 6 ans, dans un camp de louveteaux

Petit Claude en louveteau

Documents annexes

Article de presse - Le progrès de lyon du 23/04/1994 Article de presse – Le progrès de lyon du 23/04/1994
29 juin 2015 09:38:34

Articles annexes

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