Dossier n°5890

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Les Justes

Année de nomination : 1994
Jean-Marie Soutou
Année de nomination : 1994
Date de naissance : 18/09/1912
Date de décés : 10/09/2003
Profession : Fonctionnaire, membre d’un groupe d’opposants catholiques, membre fondateur de Amitié Chrétienne

Localisation Ville : Lyon (69000)
Département : Rhône
Région : Auvergne-Rhône-Alpes


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Lorsque les Allemands occupèrent Paris, Jean-Marie Soutou, alors jeune fonctionnaire, quitta la capitale et se réfugia à Lyon. Il se rallia à un groupe d’opposants catholiques au régime de Vichy dirigé par le père Pierre Chaillet (q.v.) et fonda avec lui le mouvement « Amitié Chrétienne », qui se consacra à secourir les victimes du régime et des autorités d’Occupation et plus particulièrement les Juifs. Jean-Marie Soutou se chargeait de leur fournir de faux papiers d’identité, prit part à l’organisation de passages clandestins en Suisse et s’employa à trouver des cachettes pour des enfants. C’était le plus souvent lui que rencontraient les Juifs venant chercher des faux papiers et de l’aide dans les bureaux de l’Amitié Chrétienne située au coeur de Lyon. Le 27 janvier 1943 la Gestapo fit irruption dans ces bureaux et arrêta tout le monde, y compris le père Chaillet et Jean-Marie Soutou, au motif qu’ils auraient donné asile à des Juifs recherchés par les autorités. Le prêtre fut remis en liberté quelques heures plus tard mais Soutou resta en prison pendant trois semaines. Il ne dut sa liberté qu’à l’intervention du cardinal Gerlier (q.v.). Comme il avait reçu des menaces de mort, ses compagnons de lutte le firent passer clandestinement en Suisse. Après la guerre, Jean-Marie Soutou occupa plusieurs postes diplomatiques avant d’être nommé président de la Croix-Rouge française.

Le 22 mars 1994, Yad Vashem a décerné à Jean-Marie Soutou le titre de Juste parmi les Nations. 

Le témoignage

Né dans une famille modeste, Jean-Marie Soutou se retrouve dans la région lyonnaise au début des années 1940. Il y anime une association, l’Amitié chrétienne qui passe vite de l’action caritative en faveur des Juifs persécutés à la résistance contre l’occupant et le régime de Vichy. Arrêté par les Allemands pour avoir donné asile à des Juifs recherchés par les autorités, il est interné au fort Montluc, il est libéré au bout de trois semaines, grâce à l’intervention du Cardinal Gerlier de Lyon.

Jean-Marie Soutou participe en 1942 au sauvetage d’enfants juifs visés par une rafle. Il se chargeait de fournir de faux papiers d’identité et de l’aide au siège de l’association l’Amitié chrétienne située au cœur de Lyon. Il prit part à l’organisation de passages clandestins en Suisse et s’employa à trouver des cachettes pour des enfants.

Le 23 mars 1994, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Jean-Marie Soutou.

Jean Marie SOUTOU

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