Dossier n°5891 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Lucie Chevalley Sabatier

Année de nomination : 1993
Date de naissance : 21/07/1882
Date de décés : 01/10/1979
Profession : Dirigeante du SSAE (Service Social d’Aide aux Emigrants)

Localisation Ville : Paris (75000)
DĂ©partement : Paris
RĂ©gion : Ile-de-France

Lieu de mémoire

L'histoire

Lucie Chevalley

NĂ©e en 1882, Lucie Chevalley Ĺ“uvra toute sa vie au sein d’organisations humanitaires. Lorsque la guerre Ă©clata, elle dirigeait l’important SSAE – Service Social d’Aide aux Ă©migrants. Cette organisation, dont le siège Ă©tait Ă  Paris, opĂ©rait de la façon la plus officielle : elle venait en aide aux travailleurs immigrĂ©s dans le besoin. L’essentiel de ses revenus provenait de dons de riches bienfaiteurs. Lucie Chevalley-Sabatier utilisa le SSAE comme couverture pour une autre organisation, clandestine celle-lĂ , nommĂ©e l’ »Entraide temporaire » qui bĂ©nĂ©ficiait elle aussi de contributions de personnes privĂ©es. A partir de l’Ă©tĂ© 1942, l’Entraide Temporaire travailla jour et nuit et prit en charge 500 enfants juifs. Tous survĂ©curent, sains et saufs. L’ensemble des opĂ©rations nĂ©cessaires – transfert de fonds, communication des adresses des refuges et dissimulation de la vĂ©ritable identitĂ© des enfants cachĂ©s dans des familles françaises – se faisait dans la clandestinitĂ© la plus absolue. Dès 1941, Lucie avait travaillĂ© main dans la main avec la « Rue Amelot », une organisation juive ayant son siège Ă  Paris dans la rue du mĂŞme nom et qui fournissait assistance financière, faux papiers et lieux d’asile aux persĂ©cutĂ©s. Ces activitĂ©s, Ă©videmment en grande majoritĂ© illĂ©gales, Ă©taient orchestrĂ©es par David Rapoport. Elles Ă©taient financĂ©es par des fonds recueillis en zone libre. Lucie Chevalley-Sabatier rencontrait rĂ©gulièrement David Rapoport et jouait le rĂ´le de courrier, ramenant argent et informations de la zone libre. Elle faisait usage de sa qualitĂ© de directrice du SSAE pour justifier ses allĂ©es et venues. David Rapoport fut arrĂŞtĂ© et dĂ©portĂ© vers l’est, oĂą il pĂ©rit.

Le 7 novembre 1993, Yad Vashem – Institut International pour la MĂ©moire de la Shoah,  a dĂ©cernĂ© Ă  Lucie Chevalley-Sabatier le titre de Juste parmi les Nations.

Documents annexes

Discours de Florence Taubmann à la cérémonie du dimanche 19/07/2009 Discours de Florence Taubmann à la cérémonie du dimanche 19/07/2009