Dossier n°6030

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Les Justes

Année de nomination : 1994
Emile Marie
Année de nomination : 1994
Date de naissance : 31/10/1891
Date de décés : //
Profession : conseiller municipal

Janine Guyot Marie
Année de nomination : 1994
Date de naissance : 10/03/1922
Date de décés : //
Profession :

Joséphine Anna Marie Carletti
Année de nomination : 1994
Date de naissance : 13/12/1892
Date de décés : //
Profession :

Léonie Marguerite Cléron Marie
Année de nomination : 1994
Date de naissance : 23/05/1912
Date de décés : 30/04/1975
Profession :

Micheline Klein Marie
Année de nomination : 1994
Date de naissance : 05/05/1927
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Les Lilas (93260)
Département : Seine-Saint-Denis
Région : Île-de-France

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2020, le titre avait été décerné à 27712 personnes à travers le monde, dont 4130 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


Les Marie habitaient Les Lilas (Seine-Saint-Denis). La famille Radacz, des Juifs polonais qui avaient deux enfants, y vivait aussi. En 1934, Micheline Marie et Léa Radacz, toutes deux âgées de sept ans, firent connaissance à l’école primaire des Lilas. Elles devinrent rapidement inséparables. Léa se rendait chez Micheline après l’école et les deux fillettes faisaient leurs devoirs ensemble. M. et Mme Marie s’attachèrent à la petite Léa et les deux grandes soeurs de Micheline la traitaient comme un membre de la famille. Cette amitié se poursuivit même lorsque, en 1939, les Radacz partirent s’installer à Paris. Le 15 juillet 1942, devant les rumeurs insistantes faisant état d’une rafle imminente, les Radacz quittèrent précipitamment leur appartement et vinrent se réfugier chez les Marie, qui les accueillirent sans hésiter. Deux jours plus tard, Ida, Sara et Isabelle Kirszenbaum, les trois nièces de Mme Radacz, les rejoignirent, terrorisées et en pleurs. Elles s’étaient cachées, avec leurs parents, dans les combles de leur immeuble pendant la rafle, mais la concierge, qui savait que la famille était juive, les en avait chassés. M. et Mme Kirszenbaum furent arrêtés; les trois jeunes filles, âgées respectivement de 18, 15 et 10 ans, avaient pu s’enfuir et étaient arrivées chez les Marie. Elles y furent chaleureusement accueillies. Les fugitifs vécurent dans l’appartement des Lilas jusqu’à la fin du mois d’août. Le salon avait été transformé en dortoir et tout le monde mangeait ensemble. Léonie, la fille aînée des Marie, qui avait alors trente ans, se rendit à l’appartement des Radacz. Elle brisa les scellés apposés par la police, et emporta un certain nombre de vêtements et d’objets de première nécessité. Ensuite ses parents contactèrent un réseau de passeurs et les quatre Radacz réussirent à franchir la ligne de démarcation. Ils se réfugièrent chez le frère de Mme Marie à Nice jusqu’à ce qu’ils aient trouvé une autre cachette, où ils vécurent jusqu’à la Libération. Les trois jeunes Kirszenbaum demeurèrent encore trois mois chez les Marie avant de pouvoir elles aussi, grâce à leur aide, passer en zone sud.

Le 11 mai 1994, Yad Vashem a décerné à Emile et Joséphine Marie et à leurs filles Léonie, Janine et Micheline le titre de Juste parmi les Nations.

 

Documents annexes

Article de presse - Actualité Juive du 23/02/1995 Article de presse – Actualité Juive du 23/02/1995
29 octobre 2014 10:24:27

Articles annexes

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Mis à jour il y a 9 mois.