Les Justes
Hilaire Samain
Année de nomination : 1994Date de naissance : 24/01/1881
Date de décès : 31/08/1959
Profession : Ingénieur des mines et ingénieur électricien
Irène (Questiaux) Samain
Année de nomination : 1994Date de naissance : 29/08/1893
Date de décès : 12/07/1965
Profession : Mère de 13 enfants
Département : Paris
Région : Ile-de-France
Lieu de mémoire
Personnes sauvées
L'histoire

Irène et Hilaire Samain
Maurice et Denise Mandelbaum, Juifs polonais, avaient émigré à Paris avant la Seconde Guerre mondiale. Maurice était tailleur et travaillait dans son atelier, installé à son domicile, cité Popincourt, au 26 rue Saint-Joseph, dans le IIᵉ arrondissement. Avec son épouse, ils travaillaient pour la maison Mendès, rue Montmartre.
Le 14 mai 1941, Maurice reçut une convocation. Soucieux d’être en règle et convaincu qu’il n’avait rien à se reprocher, il décida, malgré les mises en garde de son épouse, de s’y rendre. Il fut alors arrêté et interné au camp de Beaune-la-Rolande.
Quelques jours plus tard, le 18 mai 1941, leur fils Georges naquit. Dès sa sortie de l’hôpital, Denise, son bébé dans les bras, se rendit à Beaune-la-Rolande et réussit à faire évader son mari. De retour à Paris, les époux confièrent leur nouveau-né à une nourrice, qui l’emmena chez elle, en Eure-et-Loir.
Vers la fin de l’année 1943, Denise, qui attendait leur second enfant, fut renvoyée de son emploi de domestique. Elle dut également quitter la chambre que son employeur mettait à la disposition de sa petite famille, rue Saint-Placide, dans le VIᵉ arrondissement. Une voisine compatissante leur proposa alors de s’installer temporairement dans une cabane attenante à un lopin de terre dont elle était propriétaire à L’Haÿ-les-Roses. Ils y restèrent une semaine. Maurice ne sortait que le soir afin d’acheter un peu de nourriture. Mais l’argent manquait et la cabane était dépourvue de tout confort. Il décida donc de retourner à Paris pour chercher du travail et tenter de trouver un logement.
Grâce à une petite annonce, Maurice trouva un emploi de tailleur dans l’atelier d’un magasin du boulevard Saint-Germain, tenu par M. et Mme Hélène, qui lui promirent de l’aider à trouver une chambre. Il réussit également à se procurer de faux papiers d’identité le présentant comme Turc, sous le nom de Barbe Jani, grâce à un certain M. Deutsch, membre de la Résistance. Malgré ces précautions, les trajets entre Paris et L’Haÿ-les-Roses restaient dangereux. Quant à ses employeurs, malgré leur promesse, ils ne souhaitaient finalement pas prendre le risque de loger Maurice et sa famille.
Un jour, une cliente, Irène Samain, entendit leur conversation. Elle prit Maurice à part, lui donna sa carte et lui expliqua qu’elle cherchait un couple de domestiques. Elle l’invita à venir la voir le lendemain avec son épouse. Les Mandelbaum hésitèrent : devaient-ils se réjouir de cette proposition ou craindre qu’il ne s’agisse d’un piège. Ils décidèrent néanmoins de prendre le risque et se rendirent à l’adresse indiquée, au 76 rue des Saints-Pères, dans le VIᵉ arrondissement.
Hilaire et Irène Samain avaient treize enfants, dont la plupart vivaient encore avec eux. Hilaire Samain était architecte, mais, en raison d’une infirmité, il travaillait à son domicile. Les Mandelbaum se virent attribuer une grande chambre et les Samain leur confièrent toutes les clés de la maison.
Maurice et Denise leur révélèrent qu’ils étaient juifs et que Denise était enceinte. Cela ne dissuada nullement les Samain de les accueillir. Ils leur confièrent la cuisine et l’entretien de la maison et les traitèrent avec cœur et générosité. En raison de la grossesse de Denise, Hilaire demanda notamment à l’un de ses fils aînés de porter les seaux de charbon à sa place.
Afin d’expliquer aux enfants le français hésitant de Maurice et de Denise, mais surtout pour assurer leur sécurité, les Samain leur dirent qu’ils étaient des Flamands réfugiés de Belgique. Les Mandelbaum sortaient rarement de la maison, de peur d’être arrêtés. Hilaire et Irène Samain savaient qu’ils étaient juifs et étaient pleinement conscients qu’en cas de dénonciation, ils risquaient eux-mêmes d’être arrêtés. Cela ne les empêcha pas de continuer à les protéger.
Au printemps 1944, alors que Paris était fréquemment bombardé, la famille Samain partit pour Ribécourt, dans l’Oise. Denise étant sur le point d’accoucher, Maurice et elle décidèrent de rejoindre leur fils Georges chez sa nourrice, à Bazoches-Gouet, en Eure-et-Loir. C’est là que leur fille naquit, le 6 juin 1944, jour du Débarquement en Normandie.
Après la guerre, les Mandelbaum restèrent en relation avec leurs sauveteurs.
Le 22 mai 1994, Yad Vashem décerna à Hilaire et Irène Samain le titre de Juste parmi les Nations, en reconnaissance de l’aide et de la protection qu’ils avaient apportées à la famille Mandelbaum pendant l’Occupation.
Documents annexes
| Invitation cérémonie |

