Dossier n°6130

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Les Justes

Année de nomination : 1994
Gilberte Crampon
Année de nomination : 1994
Date de naissance : 01/02/1917
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Nice (6000)
Département : Alpes-Maritimes
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

Personnes sauvées



Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.


L'histoire

Les Neuman, des Juifs autrichiens, étaient venu se réfugier à Nice en juillet 1939 avec leur tante et leur fille Gisèle, qui épousa un Français avant la guerre. La jeune femme était enceinte quand son mari fut mobilisé. Le couple habitait alors un appartement au sixième étage d’un immeuble du centre de Nice. Ils avaient pour voisine de palier Gilberte Crampon, qui avait à peu près le même âge que Gisèle. Elles devinrent amies. Lorsque les Allemands occupèrent Nice, la famille Neuman comprit qu’elle devait se trouver un abri. Gisèle avait vu, dans la rue, des gendarmes en train d’entasser des femmes juives dans un camion, et arracher de leurs bras les enfants qu’ils faisaient monter dans un autre camion. Ne sachant vers qui se tourner, elle fit appel à sa voisine, Gilberte, et elles se mirent ensemble à la recherche d’un refuge. Elles trouvèrent une villa isolée hors de la ville, que Gisèle put louer grâce à de faux papiers achetés à prix d’or. Une nuit, Gilberte, ayant emprunté la voiture d’un ami, aida Gisèle à y transporter toute sa famille – père, mère, tante et petite fille de trois ans et demi. Le lendemain, Gisèle revint dans son appartement pour y prendre des vêtements, de la nourriture et des médicaments. Une voisine la remarqua; comprit la situation et téléphona immédiatement à la Gestapo pour la dénoncer. Des agents se précipitèrent vers l’immeuble. Heureusement, Gilberte les vit et cria à son amie de fuir. La Gestapo était déjà dans l’escalier, lui coupant la route. Affolée, Gisèle monta sur le rebord de sa fenêtre et, collée au mur, réussit à atteindre la fenêtre de sa voisine. Les deux femmes se sauvèrent en prenant l’ascenseur de service qui arrivait jusqu’à la cave, et permettait de sortir par la porte de derrière. Plus tard, Gilberte réussit à se procurer, au marché noir, des vêtements et des produits de première nécessité qu’elle porta à ses amis qui se cachaient. Malgré le risque énorme, elle continua à aller les voir. En novembre 1943, la vieille Madame Neuman mourut des suites d’une grave maladie. Avec l’aide d’un médecin compréhensif, le corps fut transporté sans délai à l’hôpital municipal. Gilberte fut la seule à se rendre au cimetière; elle déclara à la police qu’elle avait connu la morte, qui s’était toujours montrée très gentille avec elle. Grâce à leur amie, les Neuman surent où était enterrée leur mère; après la guerre ils purent la faire ré-inhumer dans un cimetière juif.

Le 31 mai 1994, Yad Vashem a décerné à Gilberte Crampon le titre de Juste des Nations.

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