Dossier n°6132 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Fernande Arnoult

Année de nomination : 1994
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Cordonnière

Maurice Arnoult

Année de nomination : 1994
Date de naissance : 23/06/1908
Date de décés : 31/03/2010
Profession : Bottier

Paul Arnoult

Année de nomination : 1994
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : Cordonnier

Localisation Ville : Paris (75020)
Département : Paris
Région : Ile-de-France

Lieu de mémoire

L'histoire

Maurice Arnoult

En 1933, la famille Krolik, des réfugiés juifs originaires de Pologne, s’installa à Paris, dans le quartier Belleville, avec son petit garçon, Joël, alors âgé de deux ans. Monsieur Krolik, tailleur, avait un modeste atelier dans son appartement de deux pièces, et sa femme tenait la maison. En été 1942, la famille comptait trois enfants de plus – Rosette, Annette et Joseph. Tous les locataires de l’immeuble étaient des étrangers, à l’exception de Maurice Arnoult, qui avait quitté son village pour s’installer en ville où il était arrivé après mille difficultés. Ce bottier, fils de cordonnier, qui avait alors 29 ans, loua en 1937 un atelier dans la cour du bâtiment. En effet, Belleville était célèbre au début du siècle pour la qualité de ses chaussures. Seul Français de l’immeuble, c’était tout naturellement vers lui que les autres locataires se tournaient quand ils devaient remplir un formulaire ou écrire une lettre. Il était en excellents termes avec tous ses voisins et avait vu la famille Krolik s’agrandir. Arnoult avait beaucoup de respect pour ses voisins qui travaillaient dur et ne se plaignaient jamais de leur difficile existence. Dès le mois d’octobre 1940, les Juifs reçurent l’ordre d’aller se faire enregistrer au commissariat de police le plus proche. Léon Krolik, comme tous les autres Juifs étrangers désireux d’acquérir la nationalité française, n’envisagea pas un instant de désobéir. Dans le courant du mois de juillet 1942, d’inquiétantes rumeurs commencèrent à circuler; il était question d’une grande rafle des Juifs à Paris, dont le déclenchement serait imminent. Tandis que l’aînée des filles, Rosette, était envoyée chez un parent éloigné qui vivait dans les environs de Paris, ses parents et ses trois frères et soeurs restèrent chez eux. Le mercredi 15 juillet 1942, Maurice Arnoult vint voir les Krolik et leur proposa de mettre les enfants en sûreté chez ses parents à Savigny sur Orge, en banlieue. Le soir même, ayant décousu l’étoile jaune des vêtements de Joël, Arnoult conduisit le garçonnet chez ses parents, empruntant les transports en commun malgré le grave danger qu’il courait. Il comptait placer la petite Annette et le bébé Joseph dans d’autres familles et, les Krolik ayant donné leur accord, il s’apprêtait à revenir les chercher le lendemain. Malheureusement la grande rafle de Paris fut déclenchée à quatre heures cette nuit là : les Krolik et leurs deux enfants furent arrêtés. Lorsqu’Arnoult rentra dans la matinée, il ne trouva plus personne. Ses parents s’occupèrent du petit Joël avec dévouement et l’envoyèrent à l’école du village avec les autres enfants de la localité. Toutefois, en décembre de la même année, Arnoult arriva à la conclusion que le village était trop près de Paris pour être vraiment sûr. Il procura de faux papiers à Joël et l’envoya dans un village plus éloigné où il avait trouvé une famille chrétienne prête à l’accueillir.

Le 31 mai 1994, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah,a décerné à Maurice Arnoult et à ses parents, Paul et Fernande, le titre de Juste parmi les Nations. 

Le témoignage

En 1933, la famille Krolik, des réfugiés juifs de Pologne, s’installe à Paris. Le père, tailleur, avait un modeste atelier dans son appartement à Belleville. A l’été 42, la famille comptait trois enfants de plus. Tous les locataires étaient étrangers à l’exception de Maurice Arnoult, qui avait quitté son village pour s’installer en ville. Ce bottier, fils de cordonnier, qui avait 29 ans, loua en 1937 un atelier dans la cour du bâtiment. C’est le seul français de l’immeuble. Il était en excellents termes avec ses voisins qui faisaient appel à lui quand il fallait remplir un formulaire. Il avait vu la famille Krolik s’agrandir. Le mercredi 15 juillet 1942, Maurice Arnoult vint voir les Krolik et leur proposa de mettre les enfants en sûreté chez ses parents à Savigny-sur-Orge. Le soir même, ayant décousu l’étoile jaune, Arnoult conduisit l’un des enfants chez ses parents en transport en commun malgré le danger. Il voulait placer les autres dans d’autres familles, donc il comptait revenir le lendemain pour les chercher. Malheureusement, la grande rafle de Paris fut déclenchée à 4 h cette nuit-là. Les Krolik et leurs 2 enfants furent arrêtés. Quand Maurice Arnoult rentra dans la matinée, il ne trouva plus personne. Ses parents s’occupèrent du petit Joël Krolik avec dévouement.

Maurice ARNOULT

Mur des Justes

Le parcours sonore des Justes de Paris

Articles annexes

Les médias externes :