Dossier n°62 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Suzanne (Lorge) Spaak

Année de nomination : 1985
Date de naissance : 06/07/1905
Date de décès : 12/08/1944
Profession : Mère de 2 enfants, fille d’un banquier belge bien connu, épouse d’un cinéaste, belle-sœur du Ministre des Affaires Etrangères
    Localisation Ville : Paris (75001)
    Département : Paris
    Région : Ile-de-France

    Lieu de mémoire

    Personnes sauvées

    Lieu porteur de mémoire

    Cérémonies

      L'histoire

      Suzanne Spaak

      Suzanne Spaak naît à Bruxelles en 1905, au sein d’une famille protestante libérale de la haute bourgeoisie. En 1925, elle épouse l’écrivain et dramaturge Claude Spaak, frère de Paul-Henri Spaak, député et ministre, et du scénariste Charles Spaak. Le couple a deux enfants. En 1936, elle s’installe à Paris, où elle s’investit dans l’aide aux réfugiés républicains espagnols ainsi qu’aux personnes originaires d’Europe de l’Est qui fuient le nazisme.

      Durant l’Occupation, Suzanne Spaak poursuit son action humanitaire et met à plusieurs reprises sa propre vie en danger pour soustraire à la déportation des centaines d’enfants juifs, au nez et à la barbe des nazis. À partir de 1942, elle s’engage au sein du Mouvement national contre le racisme (MNCR), créé par la section juive de la Main-d’œuvre immigrée (M.O.I.) afin notamment de sensibiliser les milieux chrétiens aux persécutions dont les Juifs sont victimes. Elle se consacre alors plus particulièrement au sauvetage des enfants juifs.

      La même année, elle offre ses services à la Résistance. Sa position sociale et ses nombreuses relations lui permettent de solliciter des aides et de trouver des appuis, notamment parmi les magistrats, les écrivains et dans les milieux ecclésiastiques. Elle obtient ainsi des adresses où cacher des enfants et contribue à leur procurer de faux papiers. L’une de ses missions consiste également à trouver un hôpital prêt à accueillir, sous de faux noms, des Juifs malades. Suzanne Spaak n’hésite pas à user de sa position sociale pour frapper aux portes et demander de l’aide en faveur des Juifs persécutés et des opposants au régime nazi.

      À Paris, elle devient également membre de l’Orchestre rouge, réseau international de résistance dirigé par Léopold Trepper. Mais c’est surtout au sauvetage des enfants juifs menacés de déportation qu’elle consacre son énergie.

      Au début de l’année 1943, lorsque se répand la rumeur d’une prochaine déportation des enfants hébergés dans les centres de l’UGIF, Suzanne Spaak participe activement à une importante opération de sauvetage menée avec le pasteur Paul Vergara, du temple protestant de l’Oratoire du Louvre, et sa secrétaire, Marcelle Guillemot. L’opération permet d’exfiltrer et de mettre en sécurité, en une seule journée, plus de soixante enfants. Suzanne Spaak en cache elle-même plusieurs à son domicile avant de leur trouver des refuges sûrs.

      Arrêtée par la Gestapo, elle est transférée à la prison de Fresnes, où elle subit des tortures physiques et morales. Elle est exécutée le 12 août 1944 pour faits de résistance, quelques jours seulement avant la Libération de Paris. Par son courage et son engagement, Suzanne Spaak contribue au sauvetage de plusieurs centaines d’enfants juifs menacés de déportation et d’extermination.

       

      Le 21 avril 1985, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à  Suzanne Spaak, le titre de Juste parmi les Nations.




      Mis à jour il y a 5 jours.