Les Justes
Jean Robert Boissier
Année de nomination : 1994Date de naissance : 22/08/1892
Date de décès : 23/01/1977
Profession : Viticulteur
Lucie (Paut) Boissier
Année de nomination : 1994Date de naissance : 07/01/1890
Date de décès : 30/05/1966
Profession : Viticulteur
Département : Gard
Région : Occitanie
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire
Lorsque les Allemands envahirent la Belgique le 14 mai 1940, dix-huit membres de la famille Szafran s’enfuirent d’Anvers en compagnie de plusieurs de leurs voisins. La Croix-Rouge les dirigea vers Nîmes, dans le Gard. Les Szafran louèrent alors deux appartements, situés au 43 rue Notre-Dame et au 10 rue Pavée. Ils reprirent une vie relativement normale du 27 mai 1940 jusqu’au 26 août 1942.
Lors de la rafle du 26 août, certains membres de la famille furent arrêtés et déportés vers Drancy, avant d’être acheminés à Auschwitz, comme de nombreux hommes, femmes et enfants, valides ou non. Cette nuit-là, la police française arrêta 190 personnes à Nîmes.
Symcha Szafran, alors âgé de quinze ans, était membre de la troupe locale des Éclaireurs Israélites de France (EIF). La situation changea durant l’été 1942. Le 25 août 1942, à la veille des grandes rafles de Juifs dans les villes du sud de la France, le chef de troupe de Symcha, Pierre Simon, l’avertit qu’une rafle visant les Juifs âgés de 16 à 65 ans était imminente. Les personnes arrêtées devaient être envoyées en Allemagne pour le travail obligatoire. Il lui conseilla de se cacher.
Le lendemain, toute la famille de l’adolescent, bien qu’avertie elle aussi, fut arrêtée et déportée. Pierre Simon vint alors chercher Symcha dans sa cachette et le conduisit chez les Boissier, des viticulteurs de Caveirac, près de Nîmes, qui acceptèrent de l’abriter. Durant l’Occupation, et au péril de leur vie, ils sauvèrent également un déserteur autrichien de l’armée allemande.
Les vendanges battaient leur plein ; les Boissier présentèrent le jeune Juif comme un cousin, étudiant à Paris, venu travailler dans les vignes jusqu’à la rentrée. Symcha resta chez eux pendant un mois, traité comme un membre de la famille. Lorsqu’il dut repartir à la fin du mois d’octobre, ne pouvant prolonger son séjour sans éveiller les soupçons, les Boissier lui procurèrent une fausse carte d’identité et l’adressèrent au curé du village, le père Saint-Martin. Celui-ci l’envoya dans la famille Puech, qui recevra plus tard la médaille des Justes parmi les Nations.
Un jour, une femme apprit sa présence chez les Puech. Pour des raisons de sécurité évidentes, Symcha dut partir et se réfugia chez des cousins des Puech, les Guiraud, à Lamailleté, une ferme située à Lasalle, où il resta jusqu’en avril 1943.
Avec les deux fils Guiraud, Symcha décida de rejoindre le maquis de Lasalle. Tous trois devinrent résistants jusqu’en 1944, année de leur démobilisation.
Les relations entre le jeune homme et ses sauveurs, puis entre leurs enfants et petits-enfants, se poursuivirent longtemps après la guerre.
Le 25 octobre 1994, Yad Vashem Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Jean et Lucie Boissier le titre de Juste parmi les Nations.

