Dossier n°6315 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1994

Elise Carcy BĂ©natout

Année de nomination : 1994
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : fermière

Jean Carcy

Année de nomination : 1994
Date de naissance : 23/05/1918
Date de décés : //
Profession : fermier

Localisation Ville : Bujaleuf (87460)
DĂ©partement : Haute-Vienne
RĂ©gion : Nouvelle-Aquitaine

Personnes sauvées

Cérémonies

L'histoire

M. et Mme Kahn avaient Ă©migrĂ© d’Allemagne en France en 1933 avec leurs deux fils, LĂ©opold, qui avait alors 13 ans, et Ferdinand, 12 ans. Lorsque la guerre Ă©clata en 1939, LĂ©opold s’engagea dans la LĂ©gion Ă©trangère. DĂ©mobilisĂ© Ă  l’armistice, il chercha un endroit sĂ»r pour sa famille, et les Kahn s’installèrent en zone sud Ă  Bujaleuf, petite ville de Haute-Vienne près de Limoges. ConformĂ©ment Ă  la loi, toute la famille alla s’inscrire au commissariat de police. Les deux garçons trouvèrent du travail dans des fermes de la rĂ©gion, et ils gagnaient tout juste assez pour faire vivre la famille. Lorsque la zone sud fut occupĂ©e par les Allemands, la situation s’aggrava puis empira de mois en mois. Au dĂ©but de 1943, les gendarmes vinrent arrĂŞter les Kahn. Les deux fils se sauvèrent en sautant par la fenĂŞtre au fond de l’appartement. Les gendarmes renoncèrent Ă  arrĂŞter le père, le mĂ©decin local certifiant qu’il Ă©tait gravement malade et intransportable. A partir de ce moment, la famille erra d’un endroit Ă  l’autre sans trouver un toit et privĂ©e de tout moyen de subsistance. C’est alors que les employeurs de LĂ©opold, Jean Carcy et sa femme Elise, vinrent au secours des fugitifs. Ils leur trouvèrent des refuges temporaires, de fortune mais relativement sĂ»rs, dans des silos, des hangars et autres bâtiments de ferme ainsi que dans la forĂŞt. Jusqu’Ă  la LibĂ©ration les fermiers ravitaillèrent les Kahn, faisant de temps en temps travailler les garçons dans la ferme. Les familles se lièrent d’amitiĂ©. Lorsque, vers la fin de l’annĂ©e 1943, les deux fils rallièrent des groupes de maquisards de la rĂ©gion, les Carcy continuèrent Ă  prendre soin de leurs parents. Quand LĂ©opold fut tuĂ© dans un accrochage avec les Allemands le 10 juillet 1944, Elise le pleura comme s’il s’Ă©tait agi de son propre fils, tout en s’efforçant, avec son mari, de rĂ©conforter les parents. L’action des Carcy Ă©tait d’autant plus dangereuse que les Allemands Ă©taient constamment Ă  la recherche de rĂ©sistants. Le village oĂą ils habitaient se trouvait tout près d’Oradour sur Glane, dont tous les habitants – 635 personnes – furent massacrĂ©s par les Allemands dans les conditions atroces que l’on sait.

Le 2 novembre 1994, l’institut Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Jean et Elise Carcy le titre de Juste parmi les Nations.

 

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