Dossier n°6371 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1994

Isidore Forignon

Année de nomination : 1994
Date de naissance : 11/09/1876
Date de décés : 01/08/1952
Profession : Maire

Localisation Ville : Lavaveix-les-Mines (23150)
DĂ©partement : Creuse
RĂ©gion : Nouvelle-Aquitaine

L'histoire

Les Vormus, des Juifs dont la famille Ă©tait Ă©tablie en Alsace depuis des gĂ©nĂ©rations, furent Ă©vacuĂ©s avec leurs trois enfants en 1939, comme le reste de la population de la zone frontalière. Après l’armistice en juin 1940, ils tentèrent de gagner Bordeaux; en route ils s’arrĂŞtèrent Ă  Vavareix-les-Mines dans la Creuse, un bourg tout entier tournĂ© vers l’activitĂ© minière. Il n’y avait pas de communautĂ© juive dans ce village. Les Vormus dĂ©cidèrent nĂ©anmoins d’y rester, ainsi que les cinq autres familles juives qui voyageaient avec eux. Tous y vĂ©curent jusqu’Ă  la LibĂ©ration grâce au maire, Isidore Forignon. Il leur donna des cartes d’identitĂ© avec des noms bien français; ni ces papiers, ni les registres municipaux ne mentionnaient que les nouveaux-venus Ă©taient juifs. Suivant son exemple, tous ses administrĂ©s gardèrent le silence. Si le maire, qui ne chercha jamais la moindre rĂ©compense pour son action courageuse, avait Ă©tĂ© dĂ©couvert, il risquait la dĂ©portation aux cĂ´tĂ©s de. ceux qu’il aidait. Denise Vormus, qui avait dix-neuf ans, travaillait pour l’OSE Ă  Limoges. En novembre 1943, alors que l’Allemagne avait Ă©tendu son occupation Ă  l’ensemble de la France, la Gestapo fit une descente dans les bureaux de l’organisation. La jeune fille prĂ©senta sa carte d’identitĂ© – dĂ©livrĂ©e par Isidore Forignon -au nom de Denise Valentine et s’en sortit sans problème. Son frère aĂ®nĂ© avait trouvĂ© du travail dans les mines. Avec son salaire il recevait des tickets de vin (qu’il Ă©changeait contre des tickets de lait) et du poussier de charbon qui permettait Ă  la famille de se chauffer en hiver. M. Vormus cultivait des lĂ©gumes et Ă©levait des lapins sur un lopin de terre qu’il louait. La famille vĂ©cut Ă  Vavareix-les-Mines jusqu’au dĂ©but de l’annĂ©e 1945.

Le 13 dĂ©cembre 1994, l’Institu Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Isidore Forignon le titre de Juste parmi les Nations. 

Documents annexes

Article de presse - Centre France La Montagne du 01/12/1995 Article de presse – Centre France La Montagne du 01/12/1995
17 avril 2016 09:42:20
Invitation cérémonie Invitation cérémonie
17 avril 2016 09:41:22

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